Après deux tentatives infructueuses, Bouygues, Orange et Free se sont finalement entendus pour l'acquisition de SFR, représentant une transaction de 20,35 milliards d'euros. Toutefois, la question cruciale demeure : qui héritera de quels abonnés et à quels tarifs ?
Puisant son inspiration dans l'histoire du secteur, Patrick Drahi, qui avait pris le contrôle de SFR il y a plus de douze ans, a décidé de céder l'opérateur. Ce samedi, après des pourparlers difficiles, une entente a été trouvée entre Bouygues Telecom, Orange, Free et Altice pour réorganiser SFR. Bouygues deviendra le principal actionnaire en apportant 42 % du montant de vente, soit environ 8,5 milliards d'euros. Il récupérera entièrement SFR Business, ainsi que 5,9 millions de clients grand public, l'opérateur virtuel Prixtel, et des infrastructures mobiles dans des zones moins densément peuplées.
Orange se verra attribuer 4,9 millions d'abonnés de SFR, incluant ceux des opérateurs virtuels, tandis que Free obtiendra 6 millions d'utilisateurs de RED by SFR ainsi qu'une partie des clients résidentiels. Toutefois, cette répartition suscite quelques inquiétudes tant parmi les clients que les observateurs du marché.
La vieille antienne de la consolidation des télécoms
Cette vente, qui évoque un casse-tête chinois, témoigne de la complexité du paysage des télécommunications en France. Ce n'est pas la première fois qu'une consolidation est envisagée. Au milieu des années 2010, Bouygues avait tenté de vendre sa filiale à Iliad, Altice puis Orange, mais chaque projet avait échoué en raison de la taille des acteurs, des désaccords financiers et de la méfiance des autorités de concurrence, un tableau qui semble se répéter aujourd'hui.
SFR, avec son chiffre d'affaires de 9,2 milliards d'euros, 20 millions de clients mobiles et plus de 6 millions de clients fixes, représente un poids lourd du secteur, tant et si bien qu'un seul acteur n'aurait pu gérer une telle acquisition. Ainsi, il a été décidé d'un partage tripartite. Cependant, avant qu'accord ne soit finalisé, l'opération doit obtenir l'aval des autorités régulatrices, tant françaises qu'européennes, et du ministère des Finances, qui a déjà évoqué sa vigilance quant à la préservation de l'emploi et des tarifs.
Les clients restent dans l'incertitude, notamment les abonnés du grand public, alors que la décision finale sur la répartition des abonnés n’est pas encore arrêtée. En attendant que la transaction soit officialisée en 2027, les opérateurs ont déjà annoncé que les utilisateurs conservent leur numéro de téléphone, un détail rassurant dans ce contexte de turbulences. Les conditions d'après-vente feront l'objet d'un suivi attentif, notamment de la part des experts et analystes du secteur.







