À travers le pays, des centaines de manifestants se sont unis pour dénoncer les insuffisances du système judiciaire en matière de violences sexuelles faites aux enfants. Des rassemblements se sont tenus, de Paris à Auch, réclamant une meilleure prise en charge de la parole des victimes et une réforme en profondeur des procédures judiciaires.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Les manifestants, rassemblés le 8 juin devant le tribunal d'Auch, ont exprimé leur colère après le meurtre tragique de la jeune Lyhanna. Les pancartes accrochées au tribunal témoignent de cette indignation : "Il est impératif que l'on écoute les enfants et que l'on ne banalise plus ces actes", a affirmé une participante. Une autre a commenté : "Il y a de quoi être en colère. Cette tragédie aurait pu être évitée."
Plus de 200 manifestations se sont déroulées dans toute la France, coordonnées par des associations de protection de l'enfance et des collectifs féministes. À Paris, les expressions de honte face au système judiciaire ont été nombreuses. Une participante a partagé : "Les victimes s'expriment, mais elles ne sont pas entendues."
Une colère ciblée sur la justice
Devant le ministère de la Justice, Place Vendôme, une atmosphère de dégoût régnait. Une manifestante a déclaré : "Ce que l'on appelle un dysfonctionnement est en fait le fonctionnement habituel de la justice. Près de 73 % des affaires de viols sur enfants sont classées sans suite." Une autre voix a ajouté : "Les victimes parlent, mais on ne les écoute pas. Les agresseurs sont souvent des récidivistes. L'État doit assumer ses responsabilités."
À Toulouse, Montpellier, Lyon, Marseille et dans toute la France, un fossé se creuse entre la population et les magistrats. À Poitiers, un groupe de mères dont les enfants ont été victimes de pédocriminalité a témoigné. L'une d'elles a confié : "Cela peut arriver à tout le monde. Nous savons de quoi nous parlons. Personne n'est à l'abri de telles atrocités."
Une mère et sa fille, cette dernière ayant été victime d'une agression, ont déclaré : "Nous espérons que notre statut de victimes sera enfin reconnu, et que les dossiers classés sans suite seront considérés comme des injustices."
Ces associations militent pour l'adoption d'une loi complète contre les violences sexuelles, visant à protéger les enfants et les femmes de manière plus effective. Une réforme s'impose, car, comme le rappelle une avocate spécialisée dans la défense des droits des victimes, "la voix des victimes mérite d'être entendue et respectée dans nos tribunaux."







