Dans une démarche visant à soutenir un environnement économique fragile, la Banque centrale de Russie (BCR) a annoncé vendredi une réduction de 0,5 point de son taux directeur, le portant à 14,5%. Cette décision est le résultat d'un ralentissement marqué de la croissance, conséquence directe des coûts liés à l'attaque en Ukraine et des sanctions imposées par l'Occident.
Selon un communiqué de la BCR, cette mesure est justifiée par une baisse générale des perspectives de croissance et une "incertitude significative" quant à l'environnement économique extérieur et à la politique budgétaire à venir. Le président Vladimir Poutine a, lui aussi, exprimé ses préoccupations quant à une économie en difficulté, soulignant la nécessité d'actions rapides pour relancer la dynamique de croissance.
Les statistiques reflètent une dégradation alarmante de la situation économique. Ainsi, le produit intérieur brut a chuté de 1,8% durant les deux premiers mois de cette année, un chiffre alarmant rapporté par le ministère russe de l’Économie. Pour 2026, diverses analyses prévoient encore une croissance, mais les prévisions s'assombrissent sérieusement. L’Institut viennois de comparaison économique internationale (WIIW), par exemple, ne table désormais que sur une croissance de 0,9%, une révision à la baisse par rapport à une estimation précédente de 1,2% faite à l’automne dernier, comme le précise le quotidien allemand Handelsblatt.
Cette situation soulève des inquiétudes parmi de nombreux économistes et analystes. "La nécessité d’une réponse rapide et efficace ne peut être soulignée suffisamment. Nous avons besoin de mesures concrètes pour limiter la détérioration de notre économie," a déclaré un économiste basé à Moscou, qui souhaite rester anonyme. Si le temps est compté, les experts s'accordent à dire qu'une action gouvernementale proactive est essentielle pour éviter que l'économie ne plonge plus profondément dans la crise.







