La situation devient préoccupante pour les 450 salariés de Polytechnyl, le dernier fabricant européen de fibres de polyamide, dont l'avenir est incertain. Placée en redressement judiciaire depuis janvier, l'entreprise, qui fait partie du groupe belge Domo Chemical, se spécialise dans les plastiques techniques destinés à des secteurs clés tels que l'automobile et le textile. Selon Pascal Mayen, délégué syndical central Unsa dans un article de La Tribune, "la fermeture de Polytechnyl signifierait qu'il n'y aurait plus de production autonome de plastiques techniques en France".
À l'heure actuelle, la seule offre déposée ne concerne que le site de Saint-Fons et se limite à la vente des brevets, de la marque Technyl, ainsi que des stocks et du service commercial, excluant l'outil de production et les infrastructures immobilières. Ce qui a soulevé de vives inquiétudes parmi les syndicats, qui ont noté que d'autres repreneurs potentiels avaient renoncé à faire une offre.
"C'est un choc pour tous les salariés sur les sites de Saint-Fons et Valence", déclare Patrick Leray, délégué CFE-CGC.
Les syndicats craignent également un "effet boule de neige" pouvant compromettre d'autres entreprises de la vallée de la chimie, car Polytechnyl fournit des matières premières essentielles à ses condisciples. Dans un communiqué, l'intersyndicale Unsa-CFE-CGC-CGT a exprimé sa déception suite à des discussions infructueuses avec les autorités à Bercy. Ils demandent un délai de protection temporaire pour explorer d'autres options, notamment l'intérêt manifesté par le géant chinois Shenma Industrial, qui pourrait potentiellement reprendre tous les employés de Valence ainsi que le site industriel de Saint-Fons.
Les turbulences financières qui touchent Domo Chemical, avec la mise en faillite de plusieurs de ses filiales en Allemagne et l'échec des négociations financières, ont lourdement impacté Polytechnyl. Plus de 130 postes ont déjà été supprimés depuis l'été 2025, laissant environ 450 salariés dans un climat d'incertitude.
Le ministre délégué à l'Industrie a assuré suivre la situation de près et s'efforce de trouver une solution.







