Malgré son potentiel de rejoindre les cinq plus grandes économies mondiales, la classe moyenne indonésienne est confrontée à des défis de taille. Altaf, 38 ans, possède une maison en banlieue de Jakarta et dispose d'une voiture et d'un scooter, mais derrière cette façade de réussite, il lutte pour rembourser ses dettes et offrir une éducation de qualité à ses enfants. Cette situation est exacerbée par l'absence de progression salariale dans l'entreprise technologique qui l'emploie, alors que l'inflation continue de grimper.
Pression sociale et attentes
Le phénomène du "syndrome du canard", récemment examiné par le journal Kompas, évoque comment de nombreux Indonésiens s'efforcent de maintenir une illusion de stabilité face à une pression insoutenable. Tout comme le canard glisse calmement sur l'eau, ces travailleurs luttent en silence pour préserver leur statut social, malgré des défis personnels croissants. Ce syndrome, bien qu'aucunement reconnu comme un trouble mental, engendre un climat d'anxiété et de dépression, comme l'indique le site Alodokter.
En effet, les attentes professionnelles et familiales, ainsi que les comparaisons sur les réseaux sociaux, intensifient cette concurrence féroce. En 2023, alors que les dépenses de cette catégorie sociale avaient considérablement augmenté, les salaires réels avaient chuté de 10 % dans des secteurs clés tels que le commerce et la restauration.
Una croissance inégale
Une enquête souligne que près de 9,5 millions d'Indonésiens ont quitté la classe moyenne, qui ne représente plus que 17 % de la population, une baisse notable par rapport à 21 % cinq ans plus tôt. Beaucoup se retrouvent dans des situations économiques précaires, définies par la Banque mondiale comme "vulnérables" ou "aspirantes". L'économiste Arief Anshory Yusuf décrit cette situation comme une "croissance appauvrissante" où seul un petit groupe profite de l'expansion économique.
Face à ce constat alarmant, la classe moyenne s'endette de plus en plus pour maintenir des apparences, grâce à des emprunts familiaux et des crédits en ligne qui prennent de l'ampleur. Sofia Ambarini, experte en santé mentale, appelle à une prise de conscience accrue : “Il est essentiel de réaliser qu'il n'y a pas d'attente irréaliste de perfection. Même un petit progrès est déjà une victoire.”
[Cet article a été publié pour la première fois le 4 mai 2025 et republication effectuée le 4 avril 2026]







