Au 1er août 2025, le taux de rémunération du Livret A sera réduit à 1,7 %. Cette diminution rend-elle cet investissement moins attrayant ? Est-il temps de rechercher une alternative ? Nous faisons le point avec Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.
À partir de ce 1er août, les taux d’intérêt du Livret A et du Livret d'Épargne Populaire (LEP) vont connaître une réduction. À titre de rappel, le Livret A avait un taux de 2,4 % depuis le 1er février 2025, tandis que le LEP était à 3,5 %. Avec la nouvelle réglementation, le Livret A se voit donc attribuer un taux de 1,7 %, et le LEP un taux de 2,7 %. Quelles implications cela entraîne-t-il, et quelles options d’épargne alternatives ont été identifiées ?
Livret A à 1,7 % : quel intérêt ?
Le Livret A reste l’un des placements favoris des Français, avec 78,1 % des ménages en étant détenteurs, d'après une enquête de l'Insee réalisée début 2024. C'est un livret réglementé qui permet d'épargner facilement, comme le souligne la Banque de France. Malgré la baisse de son taux, il conserve des avantages, selon Philippe Crevel : "Il est crucial d'évaluer le rendement réel, c'est-à-dire ajusté à l'inflation".
Avec une inflation avoisinant 1 %, le Livret A affiche un rendement "légèrement positif". Philippe Crevel précise que l'an passé, avec une inflation à 6 % et un Livret A à 3 %, les épargnants perdaient en réalité. Ainsi, même avec une rémunération moindre aujourd'hui, le Livret A peut sembler plus attractif.
Cependant, il est à noter que le Livret A est principalement un outil d’épargne à court terme et non un placement idéal pour les gains financiers à long terme.
Alternatives au Livret A : LDDS, PER et PEA
Si le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) restent des options d'épargne à court terme, d'autres placements peuvent offrir des rendements supérieurs. Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est souligné par Philippe Crevel comme "le placement le plus attrayant actuellement avec un taux de 2,7 %". Toutefois, son accès est limité aux ménages à faible revenu, ceux dont le revenu fiscal est inférieur à 22.823 euros, ce qui le rend moins accessible.
Pour ceux qui envisagent une épargne à moyen et long terme, l'assurance-vie représente une option intéressante, affichant un rendement moyen de 2,6 % en 2024. Cette solution garantit le capital, bien que les intérêts soient soumis à taxation. De plus, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) offre une fiscalité favorable après cinq ans, bien qu'il présente un risque de perte plus élevé.
Pour les contribuables, le Plan Épargne Retraite (PER) peut s'avérer séduisant, car les versements sont déductibles d'impôt dans une certaine limite. Enfin, la crypto-monnaie émerge comme une option à explorer, bien que considérée comme très risquée. "Ce n'est pas une solution pour une épargne de précaution," conclut Philippe Crevel.
Merci à Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Épargne.
Sources additionnelles :
- Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) - Banque de France
- Livret A - Banque de France
- Baisse des taux de rémunération du Livret A et LEP au 1er août 2025 - site de l'administration française
- Patrimoine des ménages en 2024 - Insee







