Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) révèle que la majoration des pensions pour les parents de trois enfants ou plus favorise plus les hommes que les femmes. Ce dispositif, qui vise à atténuer l'impact de la parentalité sur les parcours professionnels, semble au contraire accentuer les disparités entre les genres.
En 2022, les femmes en France percevaient en moyenne une pension directe (incluant les majorations pour enfants) inférieure de 38 % à celle des hommes. La majoration actuelle de 10 % pour les parents de trois enfants ou plus ne fait qu'aggraver cette situation : en moyenne, les mères reçoivent une augmentation de 77 €, tandis que les pères bénéficient de 136 € supplémentaires.
Des propositions pour une pension plus équitable
Pour remédier à ces inégalités, la Drees propose trois scénarios de réforme. La première option serait d’instaurer un montant forfaitaire de 150 € par mois pour chaque parent. Bien que cette mesure profiterait principalement aux mères (60 % des bénéficiaires), son impact sur les pensions serait limité : une augmentation de seulement 0,3 % pour les femmes, tandis que les pensions des hommes diminueraient dans la même proportion.
Une deuxième approche consisterait à attribuer la majoration dès le premier enfant, suivant un barème progressif (3 % pour un enfant, 6 % pour deux, et 13 % pour trois ou plus). Cette mesure pourrait accroître de 3,3 % la pension des femmes nées en 1978, tout en entraînant une réduction équivalente des pensions masculines. Néanmoins, son efficacité en matière de justice sociale serait discutable, car elle n'améliorerait que marginalement le rapport entre les plus riches et les plus modestes.
Une réforme audacieuse pour les mères
Enfin, la dernière proposition combine ces deux approches en introduisant une majoration forfaitaire destinée uniquement aux mères, avec des montants croissants en fonction du nombre d'enfants (40 € pour un enfant, 80 € pour deux, 160 € pour trois ou plus). Cette réforme pourrait avoir l'impact le plus fort, avec 81,6 % des femmes de 1978 bénéficiant d'une augmentation d'au moins 1 %. Le gain moyen pourrait atteindre 3,9 % à 68 ans, tandis que les hommes pourraient voir leur pension diminuer de 3 %. Toutefois, ce type de mesure pourrait se heurter à des contraintes financières dans le contexte actuel des régimes de retraite.







