Victime d’une attaque à l’acide et à l’ammoniaque en octobre 2019, alors qu’elle se rendait à la boulangerie de Montfort-en-Chalosse, Isidra Vicente, résidant de Laurède dans les Landes, raconte son long chemin de convalescence. Entre soins médicaux rigoureux, le soutien indéfectible de sa fille, et sa passion pour le jardinage, son parcours est digne d'inspiration.
Le 18 octobre 2019, à 6 h 35, Isidra a été victime d’une attaque à l’acide et l’ammoniaque qui l’a laissée pour morte. Perdue entre les ténèbres d’un face-à-face avec un agresseur, elle raconte : « Je n’ai vu qu’une silhouette noire qui s’est jetée sur moi. Pour moi, c’était fini, j’ai dit adieu à mes enfants. » Heureusement, un collègue, inquiet de son absence, a donné l’alerte, permettant ainsi de déclencher les secours à temps.
Un parcours de résilience
Isidra a été admise au service des grands brûlés de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux durant deux mois avant d'intégrer le centre de rééducation à Bruges. Les séquelles étaient nombreuses : brûlures sur le visage, perte partielle des yeux, des lèvres et du nez. Son premier choc émotionnel survenu à son arrivée au centre était la nouvelle du suicide de son agresseur, une révélation qui a ravivé des larmes longtemps contenues.
Malgré les obstacles, Isidra a choisi de se battre. Elle s’est engagée dans un rude marathon médical, comprenant de nombreuses greffes et séances de kinésithérapie. « Chaque jour, je portais des masques de compression, j’ai mis du temps à accepter la visite de mon propre frère. » Son jardin, une véritable échappatoire, lui a permis de panser ses blessures, affirmant, « Les mains dans la terre, on oublie ses problèmes. »
Réapprendre à vivre
En 2021, Isidra est finalement rentrée chez elle. Avec l'aide de sa fille Alexandra, qui a emménagé pour la soutenir, Isidra a commencé à redécouvrir sa maison et le bonheur de s'occuper de son jardin. En 2024, elle projette de rouvrir son jardin au public, offrant ainsi aux visiteurs un aperçu de sa passion renouvelée.
Son jardin a été « une énorme thérapie »
Elle raconte avec fierté la manière dont elle s’est adaptait, apprenant à vivre à l’abri du soleil. « J’ai dû apprendre à vivre en tournant le dos au soleil », déclare-t-elle, expliquant comment elle utilise des crèmes protectrices et a modifié son environnement domestique pour réduire l’exposition à la lumière.
Néanmoins, malgré les séquelles physiques et émotionnelles, Isidra refuse de se voir comme une victime. « Les cicatrices ont bien évolué, j’ai de la chance », dit-elle, et elle continue de cacher les marques de son agression avec dignité. Après tant de mois de souffrance, elle aspire à clore ce chapitre douloureux de sa vie, espérant que les expertises médicales avancent pour permettre sa reconstruction définitive.







