La canicule s'avère particulièrement éprouvante durant la nuit. Alors que le corps aspire à récupérer après des journées étouffantes, les soirées dépassant 20 °C deviennent monnaie courante, surtout dans les zones urbaines. Les matériaux comme l'asphalte et le béton jouent un rôle clé en retenant la chaleur tout au long de la journée pour la relâcher dans la nuit, exacerbant ainsi les écarts de température entre ville et campagne.
La nuit du lundi 22 au mardi 23 juin, Météo France annonce des températures élevées : jusqu'à 29 °C à Bordeaux, 28 °C à Paris et Nice, et 27 °C à Lyon. Ces températures, particulièrement difficiles à supporter en milieu urbain, illustrent ce phénomène connu sous le nom d'îlot de chaleur urbain. Comme l'a rapporté France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, si les températures diurnes peuvent être similaires, l'écart nocturne peut atteindre jusqu'à 7 °C.
Les chercheurs expliquent que les surfaces minérales emmagasinent la chaleur tout au long de la journée pour la restituer la nuit. Xavier Foissard, expert dans ce domaine, indique que "l'îlot de chaleur urbain observé à Grenoble a lieu en moyenne une nuit sur deux." En campagne, cependant, les sols naturels demeurent plus frais, même par temps ensoleillé. De plus, la présence d'arbres peut considérablement influencer les températures nocturnes, limitant ainsi l'impact des nuits tropicales. Des différences notables se manifestent également en fonction des quartiers urbains; certains disposent de moins de 10 % de surfaces végétalisées quand d'autres atteignent 60 %. Les îlots de chaleur enregistrent alors des écarts moyens de 4,6 °C pour les moins végétalisés contre 3 °C dans les zones mieux dotées en verdure.
Débétonisation des sols
Ces phénomènes d'îlots de chaleur contribuent à l'augmentation du nombre de nuits tropicales. Dans la campagne autour de Grenoble, les habitants peuvent s'attendre à une à cinq nuits tropicales par an. En revanche, au cœur de Grenoble, le chiffre peut grimper à trente, quarante, voire cinquante nuits tropicales par an, révèle le chercheur Foissard.
Pour faire face à cette situation, certaines municipalités ont commencé à prendre des mesures. Des initiatives telles que la plantation d'arbres, la débétonisation des aires publiques et l'aménagement de cours d'écoles sont mises en œuvre. Ces choix stratégiques ont un impact significatif sur la température ressentie durant les vagues de chaleur. Cependant, ces transformations nécessitent des investissements conséquents. Le Fonds d'accélération de la transition écologique, également connu sous le nom de Fonds vert, a été instauré en 2023 pour soutenir les collectivités dans leurs efforts d'adaptation écologique. Néanmoins, le budget alloué à ce fonds a récemment subi une réduction : 2,5 milliards d'euros en 2024, 1,15 milliard en 2025, et une prévision de 837 millions d'euros pour 2026.







