20 Minutes avec AFP
Le débat sur le travail le 1er mai refait surface. Mardi dernier, le Sénat a approuvé un projet de loi permettant aux boulangers et fleuristes d’employer leurs salariés ce jour-là. Ce sujet sensible autour du jour férié chômé et payé pour tous suscite des tensions politiques, surtout après une récente célébration de la Fête du travail.
Soutenu par le gouvernement, ce texte a été adopté par 229 voix contre 110. Comme prévu, la droite et les centristes ont appuyé la mesure, tandis que la gauche s’est opposée, s’alignant avec les critiques des syndicats, selon des sources de France Info.
Un texte pour clarifier la situation
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, défend cette réforme comme une initiative de "clarification". Actuellement, les règles sur le travail le 1er mai sont floues, laissant place à des tolérances et des sanctions depuis 2023. La nouvelle loi vise à encadrer le travail des boulangers et fleuristes sous réserve d'un accord de secteur qui régule le volontariat et la rémunération des employés.
Ce projet de loi va au-delà des seuls métiers concernés, touchant à un débat plus large sur la liberté de travailler. Récemment, le Premier ministre Sébastien Lecornu et Gabriel Attal avaient visité des boulangeries pour illustrer leur position, ce qui a entraîné des, réactions mitigées. Farandou a insisté sur le fait que l'accord de branche renforcerait le pouvoir des syndicats.
Inquiétudes de l'opposition
Les partis de gauche, incluant les groupes socialiste, communiste et écologiste, s’inquiètent d'une possible "brèche dans le droit du travail" qui pourrait affaiblir des acquis sociaux importants. La dirigeante de la CGT, Sophie Binet, a qualifié cette mesure de "calculs politiciens", craignant qu'elle profite principalement à de grandes chaînes de distribution.
Cependant, certains élus favorables à la loi jugent qu'elle est trop limitée, comme l’a souligné Olivier Henno, rapporteur du texte au Sénat. Des professions exclues, comme les bouchers, expriment également leur mécontentement face à une apparente inégalité.
Prochaine étape à l'Assemblée nationale
Le texte sera désormais examiné à l’Assemblée nationale, où les discussions s’annoncent plus délicates, compte tenu d’une chambre politiquement fragmentée. Le gouvernement cherche à obtenir une adoption avant le 1er mai 2027.







