Les scientifiques écossais font face à une situation alarmante : le virus Usutu, un agent pathogène tropical, entraîne la mort d'un grand nombre d'oiseaux sur l'île d'Arran. Ce virus, transporté par le moustique Culex pipiens, colonisateur récent du territoire en raison du réchauffement climatique, n’était pas attendu dans ces régions.
Des chercheurs de l'université de Glasgow, munis de pièges à moustiques, sillonnent la campagne écossaise à la recherche de cet insecte souvent méconnu, responsable de cette épidémie aviaire. Initialement identifié en avril, le virus Usutu se propage désormais bien au-delà de ses zones d’origine habituelles, comme l’a rapporté Le Monde.
La détection du virus est intervenue après que des habitants d'Arran aient remarqué des merles présentant des symptômes inquiétants tels que la désorientation et un manque d'appétit. Une vétérinaire a fait analyser les carcasses d'oiseaux, confirmant le diagnostic : ils avaient été victimes du virus.
Une progression vers le nord
Le virus Usutu, apparu en Afrique en 1959, a commencé à se répandre en Europe depuis les années 2000. Ce n'est que récemment qu'il a atteint l'Écosse. Heather Ferguson, professeure d'écologie des maladies infectieuses, souligne la rapidité de ces changements : « Si l’on m’avait demandé il y a dix ans, j’aurais pensé que jamais je ne verrais cela de mon vivant. » La prolifération de Culex pipiens se produit alors que les températures en Écosse atteignent des niveaux optimaux pour la survie de ces moustiques. En 2025, l’année la plus chaude jamais enregistrée, a vu des températures locales frôler les 32,2 °C.
Ce phénomène constitue un signal d'alarme pour la biodiversité, car le risque d'épidémie chez les humains demeure, bien que limité pour le moment. En effet, selon une étude publiée dans la revue Viruses, seulement 235 cas d'infection chez l'homme ont été rapportés jusqu'à présent. Mais, comme le souligne la chercheuse, d'autres régions d'Europe montrent que l'Usutu peut être le précurseur de virus plus mortels, comme le virus du Nil occidental.
Des conditions favorables à la transmission
Les chercheurs mettent en avant l'importance des températures plus élevées qui favorisent la prolifération des moustiques et leur capacité à transmettre des pathogènes. Émilie Pondeville, chercheuse à l'université de Glasgow, explique : « Par temps froid, les moustiques ne transmettent pas de maladies car les conditions sont invalidantes pour la survie du virus. » Les biologistes s'inquiètent déjà des conséquences tragiques que l'Usutu pourrait avoir sur différentes espèces d'oiseaux, déjà affectées dans d'autres régions d'Europe.







