Qualifié de "machiavélique" et de "prédateur sexuel", un homme a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle vendredi à Lyon après avoir drogué, violé et filmé sa compagne. Ce verdict s'inscrit dans le cadre d'une affaire troublante qui a suscité de vives réactions.
L’avocat général, représentant du ministère public, avait initialement demandé 12 ans de prison, mais la cour criminelle du Rhône a jugé nécessaire une peine plus sévère pour souligner la gravité des actes commis. La présidente de la cour, Dominique Thevenet, a exprimé son inquiétude concernant les "traits de perversité" de l'accusé, affectant profondément la victime.
Le prévenu, âgé de 39 ans, a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation. La décision du tribunal a été motivée par la nature répétée et violente des agressions, qui sont corroborées par des vidéos tournées à l’insu de la victime. Outre sa peine de prison, l'homme a perdu tous ses droits parentaux sur l'enfant qu'il a eu avec sa compagne, en plus d'un suivi socio-judiciaire et d'injonctions de soins.
Lors de l'audience, l'accusé est resté impassible, tandis que sa victime, en larmes et soutenue par son père, a exprimé un mélange d'émotions allant de la douleur à l'espoir. Son avocate, Me Julia Studient, a déclaré à l’AFP que cette sentence représentait une étape cruciale pour sa cliente, qui a enfin pu ardre une première page de sa vie.
"Cette peine est essentielle pour sanctionner cette atteinte inouïe à la personne, une déshumanisation choquante", a déclaré l'avocat général, Michel Guedes, en évoquant l'atteinte physique et psychique infligée à la victime, réduite à un simple accessoire sexuel. La cour a également salué le courage de la plaignante, une commerçante de 40 ans, lui souhaitant de retrouver un certain bonheur dans l'avenir.
Les vidéos de l'accusé, montrant des actes sexuels violents avec des commentaires dégradants, ont été projetées lors du procès, ajoutant à l'horreur de l'affaire. L'avocat de l'accusé a plaidé pour une peine plus clémente, soulignant qu'il mérite une seconde chance malgré la gravité des faits.
Les événements se sont matérialisés entre 2015 et le 13 juin 2023, jour de l'arrestation de l’accusé. Sur son téléphone, des conversations en cours avec Dominique Pelicot, déjà condamné à 20 ans de prison pour des faits similaires, ont été découvertes, reliant les deux hommes dans un contexte de déviance sexuelle.
"Je ne reconnais pas mes actions", a reconnu l'accusé, tout en demandant pardon. Ce revirement contraste nettement avec l'attitude qu'il avait refusé d'adopter jusqu'alors, faisant face à de nombreuses contradictions.







