Un troisième foyer de fourmis électriques a été découvert en mars 2026 à Cavalaire-sur-Mer, plongeant le Var dans l'inquiétude. Ce département est le seul en France où cette espèce invasive a été confirmée jusqu'à présent. Selon l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), la fourmi électrique figure parmi les 100 espèces les plus nuisibles dans le monde. Le premier foyer a été repéré à Toulon en 2022, suivi d'un second en 2024 près de La Croix-Valmer.
Cette fourmi microscopique est redoutable, non seulement pour l'homme, sa piqûre pouvant entraîner des douleurs intenses et des réactions allergiques, mais aussi pour la biodiversité locale. « Son arrivée peut bouleverser l'ensemble de nos écosystèmes », avait averti l'Office français de la biodiversité (OFB) en 2024. Elle s'attaque à divers insectes, oiseaux, et même aux mammifères. Les dégâts constatés aux États-Unis sont considérables, ayant coûté des centaines de millions de dollars en pertes agricoles, a rapporté Le Monde.
Piqûres douloureuses et risques allergiques
En raison de sa prolifération inquiétante, les piqûres de la fourmi électrique provoquent non seulement des douleurs sévères, mais peuvent aussi générer des chocs anaphylactiques chez les personnes sensibles. « Les attaques de cette espèce peuvent rendre aveugles des animaux de compagnie », a ajouté un expert, alertant sur les dangers qu'elle représente.
Originaire d'Amérique du Sud, la fourmi a envahi l'Afrique centrale après avoir été introduite au Gabon dans les années 1920 pour lutter contre des ravageurs. Les populations du Var auraient pu arriver via des importations de plantes, ce qui souligne l'importance de surveiller les types de végétaux introduits sur le territoire.
Un traitement par saupoudrage pour contrôler la menace
Face à cette situation alarmante, un traitement biocide a été testé fin mai à Toulon, marquant une première en Europe. En présence de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, un produit biocide a été pulvérisé dans un parc local. Ce traitement vise à éradiquer les fourmis, mais son efficacité demeure à prouver. « Il faut agir rapidement pour éviter une situation comme celle de l'Australie, qui a dépensé 30 millions d'euros sans succès », a déclaré Olivier Blight, spécialiste des fourmis à l'université d'Avignon. Les autorités ont également lancé l'application Vigi-Sud pour signaler leur présence.
La lutte contre cette espèce invasive ne fait que commencer, et les experts estiment qu'il faudra au moins trois ans pour espérer un résultat visible. « On a la possibilité d'agir maintenant ou de payer plus cher plus tard », a averti Éric Hansen, directeur de l'OFB en Provence-Alpes-Côte d'Azur.







