Le procès des parents de Zita, tragiquement décédée à l'âge de 16 mois, s'est ouvert aux assises de la Drôme. Accusés de privation alimentaire suivie de mort, le couple de Saint-Marcel-lès-Valence a reconnu sa responsabilité pour la première fois depuis la décès de leur fillette en janvier 2018.
Initialement, ils avaient attribué la responsabilité à une erreur médicale commise par les médecins, arguant qu'une surdose d'anesthésiant avait été administrée. Selon Le Monde, plusieurs experts médicaux ont décrit l'état alarmant de la fillette à son arrivée à l'hôpital : souffrant de septicémie et ne pesant que 6,93 kg. Un pédiatre a affirmé : "On ne voit ça que dans les pays sous-développés." Les parents affirmaient que Zita semblait potelée, mais ce n'était que des œdèmes dus à de la rétention d'eau, a précisé la présidente de l'audience.
Nutrition défaillante et croyances médicales
Le couple a fait le choix d’un régime alimentaire drastique pour leur enfant, ne lui fournissant que des jus de châtaigne et de riz, en croyant à une intolérance au lait de vache. La mère a avoué : "Oui, c’était une croyance, je l’ai compris depuis." Lorsque la juge lui demande pourquoi elle n’a pas essayé le lait maternisé, la mère a répondu qu’elle ne faisait qu’un peu de purée. Ce manque de diversification alimentaire était flagrant, les témoignages de proches corroborant les doutes sur l’alimentation de Zita.
Suivi médical non réalisé
En plus de la négligence nutritionnelle, les avocats reprochent au couple l'absence de suivi médical. Selon la présidente, Zita n'a été consultée qu'à deux reprises chez un généraliste en 16 mois. Les parents, anti-vaccins, ont préféré des consultations auprès d'un ostéopathe magnétiseur, tandis qu'ils prenaient soin de leurs autres enfants. "Pourquoi ne pas consulter pour elle aussi ?" interroge la présidente. La réponse de la mère : "Je voulais la soigner avec des produits naturels," souligne l'étrangeté de leurs choix.
Un témoignage poignant
En larmes, la mère a déclaré : "J'étais trop fixée sur mes croyances, mes choix. Je suis passée à côté de tout... Je suis responsable de sa mort par dénutrition et j'ai honte, je ne sais pas pourquoi j'ai pu faire ça ?" Les deux aînés du couple seront également audités par la cour d’assises, alors que le verdict est attendu le 3 juin. La douleur et la désolation accompagnent ce procès tragique, portant un regard critique sur les choix parentaux pouvant mener à des conséquences désastreuses.







