À Villefontaine, en Nord Isère, une famille tchétchène est plongée dans l'angoisse. Un père de quatre enfants, accompagné de sa femme, est sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) après que leur demande d'asile a été rejetée. Ils risquent un renvoi direct en Russie, mais le véritable danger qui les attend, c'est que le père soit envoyé au front en Ukraine, enrôlé de force par l'armée russe.
Ce mécanicien et chauffeur de formation, qui a fui la Tchétchénie il y a trois ans pour éviter d'être mobilisé, a posé ses valises à Grenoble avant de s'établir à Villefontaine avec sa famille. "Je ne veux pas être tué ou devenir un tueur. Je ne veux pas me battre contre l'Ukraine", confie-t-il, montrant l'angoisse qui l'habite. "Ici, je découvre une liberté que je n'ai jamais connue auparavant."
Ses enfants, des adolescents, ont trouvé leur place dans les établissements scolaires locaux, mais aujourd'hui la situation est alarmante. La famille est sommée de quitter son logement d'ici le 20 juin. "Je n'arrive pas à imaginer vivre dans la rue avec mes enfants", déclare le père, désespéré.
Soutien des enseignants
Cette situation a mobilisé les enseignants du collège fréquenté par trois des enfants. Françoise Morel, bénévole à l'association AFSI, dénonce cette expulsion imminente en alertant sur les risques mortels auxquels la famille est confrontée : “S'ils retournent en Tchétchénie, ils sont condamnés. On ne peut pas laisser ces gens dans une telle souffrance.” Clairvie Heurtebise, enseignante, s'engage à tout faire pour que cette famille ne termine pas à la rue.
Le père de famille, angoissé par la perspective d'être enrôlé de force, espère un miracle. Une demande de réexamen de son dossier d’asile devrait bientôt être soumise. Le maire de Villefontaine, Patrick Nicole Williams, a également pris les devants en soutenant la demande de relogement auprès du 115 et en écrivant au Premier ministre pour que la situation soit réévaluée.







