À Arthémonay, une consultation publique se déroule jusqu'au 21 juillet pour discuter de l'agrandissement d'un élevage de poules pondeuses. L'entreprise « L'œuf des collines », employant actuellement 20 personnes, projette de passer de 120.000 à 200.000 poules, en réponse à la demande grandissante d'œufs dans l'Hexagone, alors que la consommation a augmenté de 14% ces derniers mois.
Guillaume Deroux, directeur général de l'entreprise, souligne que la France nécessite trois millions de poules supplémentaires pour s'adapter à cette tendance. « Nos œufs sont exclusivement destinés au marché national, nous nous engageons à n'importer qu'en cas de nécessité », assure-t-il.
Les clients de l'exploitation sont divers : grossistes, collectivités, boulangers, et même des industriels utilisant des œufs liquides dans leur production. La mise en place des nouveaux poulaillers et d'une nouvelle casserie nécessiterait un investissement d'environ huit millions d'euros, une somme qui n'est pas négligeable, surtout dans un contexte où les préoccupations environnementales et le bien-être animal sont souvent au cœur du débat.
À quelques kilomètres de là, un projet de poulailler géant à Peyrins a suscité une vive opposition en raison des nuisances envisagées pour les communes avoisinantes. Mais selon Deroux, à Arthémonay, les futurs poulaillers seront positionnés dans un champ éloigné de toute habitation. « En 19 ans, nous n'avons enregistré aucun problème avec nos voisins », précise-t-il.
Pierre, un habitant du hameau de Reculais, soutient le projet : « Produire des œufs localement est une nécessité, je ne vois pas de problème à cela tant que ce n'est pas une industrie polluante », dit-il.
Poules et normes : un compromis nécessaire
Dans ces nouveaux poulaillers, chaque mètre carré hébergera neuf poules, conformément aux normes actuelles. « Je ne suis pas responsable des lois, mais la rentabilité nous pousse à respecter ces contraintes », explique le directeur général, tout en se disant conscient des enjeux de la production agricole moderne.
La mairie et la communauté d'agglomération ARCHE Agglo, responsable de l'autorisation de construire, attendent la fin de la consultation publique pour se prononcer. Le changement majeur résidera dans une augmentation prévue de 70% de la consommation d'eau pour l'élevage, mais l'engagement de l'entreprise envers la durabilité semble bien ancré, tout en laissant entrevoir un avenir prometteur pour l'industrie locale des œufs.







