Alors qu’une vague de chaleur s’installe sur l’Isère ce vendredi 22 mai, avec des températures atteignant près de 30 degrés, tous les regards se tournent vers Grenoble. La ville pourrait être le théâtre d'un événement chargé d'émotion et de tension ce week-end, comme l’indique Météo France.
Les organisateurs de concerts ne s'attendent généralement pas à devoir se défendre en justice, mais c'est exactement ce qui se passe actuellement à Grenoble. Le groupe d'opposition municipale « Réconcilier Grenoble » a saisi le tribunal administratif pour tenter d'empêcher un concert antifasciste organisé par le collectif Action antifasciste Grenoble (AFA) au « 102 », situé rue d'Alembert. Prévu samedi, cet événement vise à « défendre la solidarité internationale » et à récolter des fonds pour soutenir « les camarades incarcérés ». L'opposition accuse les organisateurs de soutenir des personnes impliquées dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, décédé à Lyon en février dernier.
« C'est inquiétant de voir des élus mentir pour en faire une affaire politique », s’est indigné Alexandre, bénévole de « Le 102 », à la sortie du tribunal. Il cible directement Thierry Aldeguer, avocat et conseiller municipal d'opposition, qui justifie sa démarche par un risque de trouble à l'ordre public. Selon lui, la mairie et la préfecture de l'Isère, qui ont toutes deux refusé d'interdire le concert, font preuve de « double couardise » face à une manifestation organisée par « des militants radicaux ».
Un soutien controversé aux incarcérés
Les organisateurs défendent les raisons de l'événement, affirmant qu'il célèbre en réalité les cinq ans de l'AFA et vise à aider des personnes incarcérées à travers le monde, y compris en Hongrie ou en Russie, ainsi que des militants pro-palestiniens en France. L’avocat de la ville de Grenoble, tout comme Alexandre, dépeignent les accusations de l'opposition comme fantasques : « Qui organiserait un concert pour des incarcérés sans en connaître les détails ? » Alexandre rappelle que le fonctionnement de ces caisses de soutien est complexe et souvent destiné à des causes plus larges, sans ciblage spécifique.
De son côté, l'opposition remet également en question la conformité de la salle, affirmant qu'elle ne respecte pas les normes de sécurité. « Je ne suis même pas certain que ce lieu soit viable pour un concert », a déclaré Thierry Aldeguer. Les gestionnaires de « Le 102 » répondent fermement : « C'est un lieu de spectacle conforme, toutes les vérifications administratives sont en règle. » Alexandre a souligné avec ironie qu'Alain Carignon, membre de l'opposition, avait lui-même signé des conventions pour ce même espace.
La préfecture prévoit que le concert pourrait rassembler environ une centaine de personnes, et des forces de police seront présentes pour assurer la sécurité, si l'événement a lieu. Dominos se dressent sur le chemin de la liberté d’expression, alors que le tribunal administratif doit rendre sa décision au plus tard samedi matin à 10h.







