Ce jeudi, devant le collège Jean Rostand à Saint-Chamond, les enseignants étaient en effervescence, armés de pancartes et d'un mégaphone. Leur colère, palpable, est dirigée contre un système éducatif qui, selon eux, néglige les besoins essentiels de l'établissement. Les enseignants bataillent depuis la rentrée pour obtenir un poste de secrétaire de direction, des assistants d'éducation (AED) et des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires.
En octobre dernier déjà, ils exprimaient leurs revendications, mais n'ont réussi à obtenir qu'un demi poste de secrétaire de direction. Avec près de 480 élèves, le collège Jean Rostand est classé en réseau d'éducation prioritaire (REP+), une situation qui soulève des préoccupations. Anaïs Bruyas, professeur d'anglais, déclare : "On nous dit d'être contents de notre sort, alors que nous avons besoin de ressources supplémentaires, et nous ne voulons pas que d'autres soient lésés pour que nous en bénéficions. Nous en avons assez de cette politique de miettes."
Les parents d'élèves, comme Louisa et Zakia, soutiennent également le mouvement. Elles s'inquiètent du manque de surveillants et expriment leur désarroi face aux conditions de sécurité de leurs enfants : "Il est impossible pour un unique surveillant de gérer l'ensemble des zones. Nous avons des cas d'intrusions et d'élèves qui s'en vont sans autorisation. Les enfants n'osent pas se tourner vers un adulte car ils savent qu'il n'y a pas assez de personnel pour les encadrer."
Ce mouvement de grève fait écho à une demande plus large pour une réforme de l'éducation, un sujet qui préoccupe de nombreux experts dans le pays. Pour Pierre Mathieu, spécialiste de l'éducation, "sans un soutien adéquat aux établissements classés prioritaires, nous risquons de creuser les inégalités dans l'éducation." Suite à leur action, les enseignants ont également choisi de distribuer des tracts sur le marché de la ville pour sensibiliser davantage la population.







