Le département de la Savoie prend une décision qui soulève des réactions vives : il ne financera pas la rénovation tant attendue de deux collèges, une annonce qui s'inscrit dans un contexte de baisse démographique. Selon le SNES-FSU, un budget de 68 millions d'euros, nécessaire à la modernisation du collège de la Boigne à la Motte-Servolex et à la reconstruction de La Combe de Savoie à Albertville, est désormais abandonné. L'argument avancé est la diminution des élèves, avec une prévision de perte de 3 000 enfants d'ici 2035, ce qui représenterait à terme une centaine de classes de moins.
À Albertville, l'annonce a été perçue comme un véritable choc pour les enseignants. Une enseignante, qui a préféré garder l'anonymat, partage son désarroi : "C'était violent, un coup de gourdin sur la tête". Sa collègue, professeure d'espagnol, ajoute : "Cette décision témoigne d'un mépris, d'un désintérêt pour les élèves et le personnel éducatif". De nombreux enseignants pointent du doigt des conditions d’accueil jugées "indignes", évoquant des problèmes de mauvaise isolation et un bâtiment qui, bien que conçu pour 500 élèves, en accueille aujourd'hui plus de 700.
Un problème de choix politique ?
Le projet de reconstruction du collège La Combe de Savoie, qui devait coûter 40 millions d'euros, soulève également des questions. Retenant l'attention des enseignants, Laurent Graziano, professeur d'histoire et géographie depuis 24 ans, déclare que cette baisse de la démographie est "un effet d'aubaine" pour faire des économies. Yohan Audebert, un autre enseignant et membre du SNES-FSU, voit dans cette décision une opportunité : "Avec une baisse des effectifs, nous pourrions envisager une réduction du nombre d'élèves par classe, améliorant ainsi les conditions d'enseignement".
Actuellement, la Savoie accueille en moyenne 26 élèves par classe, soit cinq de plus que la moyenne européenne. Les éducateurs se sentent exacerbés par cette situation et le syndicat a déjà déposé un préavis de grève allant jusqu'à la fin mai, reflétant la tension croissante dans le milieu éducatif.







