Un concert de soutien organisé par l'Action antifasciste Grenoble est programmé le 23 mai dans un espace municipal, promettant de récolter des fonds au profit de camarades en détention. Cet événement intervient alors que plusieurs membres de la Jeune Garde sont mis en examen dans le cadre de l'affaire tragique de Quentin Deranque.
Le 23 mai, à partir de 19 heures, un concert se tiendra dans un espace culturel autogéré, le « 102 », situé au 102 rue d'Alembert à Grenoble. L'Action antifasciste Grenoble (AFA Grenoble) cherche à mobiliser des fonds pour soutenir des combattants antifascistes emprisonnés, au moment où plusieurs membres de la Jeune Garde sont sous enquête meurtrière. La mort de Quentin Deranque, un jeune de 23 ans décédé le 14 février à Lyon après une violente agression, est au cœur de ce débat brûlant.
Ce concert, selon les organisateurs, sera une célébration des luttes menées pendant cinq ans, avec un programme comprenant un repas convivial suivi de plusieurs performances musicales à partir de 20 heures. L’entrée sera à prix libre, permettant ainsi à chacun de contribuer selon ses moyens.
Le « 102 » est dépeint comme un « espace autogéré sans subvention », ayant depuis plus de quarante ans réussi à accueillir une variété d'événements culturels, allant des concerts aux projections. Ce concert de soutien, qui se tient dans un environnement déjà électrisé par les événements entourant la mort de Deranque et la dissolution controversée de la Jeune Garde, souligne la tension croissante entre différents courants de pensée politique.
La Jeune Garde définitivement dissoute
L’enquête autour de la mort de Quentin a déclenché la mise en examen de neuf individus, soulignant la proximité de certains d'entre eux avec la Jeune Garde, un mouvement fondé en 2018 par le député insoumis Raphaël Arnault. Ces accusations, incluant l’homicide volontaire, sont contestées par les avocats de certains suspects, qui affirment qu’aucune intention meurtrière ne pourrait être prouvée.
Fin avril, le Conseil d’État a confirmé la dissolution de la Jeune Garde, qualifiant ses actions d'incitatrices à la violence et à l’exclusion. Il a été affirmé que « la dissolution est adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a salué cette décision comme un pas essentiel vers la préservation de l’ordre public et des valeurs républicaines.
Ce concert, bien que soutenu par une partie de la population, suscite également de vives critiques de la part de ceux qui estiment qu'il cautionne des comportements violents et extrémistes. Le débat sur la liberté d'expression et les limites de la solidarité politique est ainsi plus que jamais d'actualité à Grenoble et au-delà.







