Dans son ouvrage engageant, De la biodiversité comme un humanisme, Marc-André Selosse, biologiste réputé, met en lumière les conséquences de l'érosion de la biodiversité sur notre existence. Selon lui, l'extinction des espèces, provoquée par les activités humaines, représente un danger imminent pour notre survie. Au cœur de son discours, il explique que la biodiversité, bien que souvent invisible, forme la base de notre vie quotidienne.
Les espèces emblématiques, telles que les ours polaires ou les éléphants, ne sont que la partie émergée de l'iceberg. En réalité, des millions de micro-organismes cohabitent avec nous, influençant notre santé et notre environnement. Le biologiste souligne que "la biodiversité est largement invisible et ordinaire", mais qu'elle est tout de même vitale.
Le livre présente de manière concise les interrelations complexes entre la santé humaine, animale, végétale et les écosystèmes, tout en faisant écho aux préoccupations majeures mises en avant lors du Sommet mondial One Health, qui s'est tenu à Lyon le 7 avril dernier. Les thèmes abordés incluent la résistance aux antimicrobiens et les enjeux liés aux pollutions, tous intrinsèquement liés à la biodiversité.
"Ce n’est pas encore une grande extinction d’une violence inouïe, ce n’est que le début"
Selosse évoque également les grandes extinctions passées de notre planète et souligne que la vitesse actuelle de perte de biodiversité est alarmante. Alors que des études révèlent que 95 % des espèces maritimes ont disparu à la fin du Permien, l’extinction actuelle se déroule à un rythme 100 à 1 000 fois plus rapide. Il avertit que la perte de diversité génétique peut empêcher les espèces de s’adapter et mène inévitablement à leur disparition.
"L’humanité repose sur la dynamique de la biodiversité, extérieure comme intérieure", souligne-t-il. En effet, nous accueillons un vaste éventail de bactéries et de levures qui agissent en symbiose avec notre organisme, jouant un rôle fondamental dans notre santé. La destruction de cet écosystème interne, amorcée par notre mode de vie moderne, contribue à la montée de maladies chroniques.
Sur le plan environnemental, Selosse déplore que l'agriculture intensive, avec ses pratiques destructrices, mine la fertilité des sols et, par conséquent, notre avenir alimentaire. "Il faut retourner à des sols moins travaillés", recommande-t-il, encourageant l’adoption de pratiques durables qui favorisent l’interaction naturelle entre les différentes espèces.
En fin de compte, le message qui transparaît à travers son oeuvre est clair : préserver la biodiversité n'est pas juste une question de conservation, mais un impératif pour la survie même de l'humanité. En avançant vers un avenir plus durable, nous avons la responsabilité d'harmoniser notre mode de vie avec les lois naturelles qui régissent la vie sur Terre.
De la biodiversité comme un humanisme, de Marc-André Selosse, éd. Seuil, 96 p., 6,90 €.







