Le Conseil d’État a tranché en faveur de la bioraffinerie de La Mède, exploitée par TotalEnergies, en rejetant le recours de plusieurs associations environnementales, dont Greenpeace France et France Nature Environnement. Ce mercredi, ces organisations ont exprimé leur frustration face à cette décision, qui était attendue depuis leur action juridique initiée en 2018.
Les collectifs avaient mis en question l’autorisation d’exploiter cette bioraffinerie, spécialisée dans la production de biodiesel à partir d’huiles végétales. Le rejet de leur recours par le Conseil d'État a suscité une onde de choc au sein des défenseurs de l’environnement.
Les associations contestent non seulement l'impact local mais également les effets globaux de l'exploitation, notamment sur l’approvisionnement en matières premières souvent importées. Elles soulignent que cette situation pourrait contribuer à des problèmes environnementaux à l'étranger, tels que la déforestation en Asie du Sud-Est, l'érosion de la biodiversité et la destruction des écosystèmes.
Un outil essentiel d’évaluation environnementale "affaibli"
Pour les associations, cette décision du Conseil d’État représente un coup dur, affaiblissant un mécanisme crucial d’évaluation environnementale. Dans un communiqué, elles ont souligné que le tribunal a négligé certains impacts environnementaux importants liés à la production des matières premières et a restreint la compréhension des effets globaux sur l'environnement, ce qui nuit à l'information du public.
France Nature Environnement a dénoncé la suffisance des certifications privées, comme l’ISCC, pour garantir la traçabilité des approvisionnements, qualifiant cela de signal négatif pour les enjeux climatiques et de biodiversité. Cette organisation craint que cela mène à une externalisation des impacts environnementaux, contournant ainsi les réglementations nationales.
Des avancées obtenues grâce à la mobilisation
Malgré cette déception, les collectifs se réjouissent d'une avancée significative dans leur lutte : l'abandon de l’huile de palme dans l'approvisionnement de la bioraffinerie de La Mède. Cette victoire est le fruit de plusieurs années de mobilisation sur le terrain et dans les tribunaux, notamment suite à l'annulation d'un arrêté préfectoral en 2021. France Nature Environnement souligne que ces efforts ont permis de faire évoluer la politique d'approvisionnement de la bioraffinerie, bien que des défis demeurent.







