Près d'une semaine après qu'un voisin armé d'une carabine a proféré des injures racistes, les résidents du quartier de l'Arbousset à Espaly-Saint-Marcel appellent à un rassemblement le samedi 25 avril. Cet événement vise à exprimer leur colère face au manque de réactivité des autorités judiciaires, comme le rapporte « l'Humanité ».
Les habitants de l'Arbousset ne cherchent qu'à vivre en paix. Pourtant, ils se retrouvent au cœur d'une affaire qui prend de l’ampleur sur la scène nationale.
« Nous n’avions jamais eu de problèmes auparavant », déclare Noureddine Ezbiti, un chauffeur routier résident du quartier depuis vingt ans, dans une interview accordée à l'Humanité. Cependant, la tranquillité du dimanche 19 avril a été brisée lorsque Michel V., un retraité de 64 ans, a menacé des enfants jouant au foot avec une carabine à plomb, en leur lançant des propos tels que « ehors sale nègre, sale Arabe, sale bougnoul ».
« Il s’est retourné et a vu le monsieur le viser »
Le fils de Noureddine, Youssef, âgé de 10 ans, était parmi les enfants présents. « Mon fils était le dernier à partir, il n’a pas compris pourquoi ses amis avaient commencé à fuir. Il s’est retourné et a vu cet homme le viser depuis sa fenêtre avec une carabine, avant d’entendre des propos racistes », raconte le père, qui a ensuite perdu contact avec son fils pendant plusieurs heures.
Ce groupe d'enfants, dont le plus âgé n’a même pas 12 ans, a été pris pour cible simplement parce qu’ils faisaient du bruit en jouant. Bien que le tireur présumé ait été arrêté, il a été relâché le lendemain, créant une réaction d'indignation au sein du quartier. « Le bailleur social Opac43 a finalement décidé de le reloger, sous la pression des habitants », explique Noureddine. « La situation ne peut plus perdurer ».
Les membres de la communauté prévoient de se réunir pour manifester leur solidarité et pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une inaction criminelle de la part de la justice. « Si ça avait été l'un de nos enfants, nous serions déjà en prison », affirme une voisine, ajoutant que « tout ceci montre que notre quartier est devenu un lieu de violence raciste ».
Parallèlement, le parquet du Puy-en-Velay a tenté de minimiser l'incident en déclarant que, selon les déclarations du tireur, il s'agissait d'un accident et que « ni les plaignants ni les témoins n'ont relevé de propos à caractère raciste ». Une différence de perception qui augmente la colère des résidents, qui voient leurs préoccupations ignorées. « L'utilisation d'une arme quelle qu'elle soit ne doit jamais être sous-estimée », souligne Sacha Halgand, membre de SOS Racisme.
Les manifestations devraient permettre de porter un message fort contre l’intolérance et le racisme. « Personne ne devrait devoir subir de telles violences », conclut Halgand. La rencontre, soutenue par diverses organisations antiracistes, entend rappeler à tous que la lutte contre ces agissements commence par l’unité et la mobilisation.







