LE FIGARO DEMAIN - Maximilian Schnell, diplômé de l’ESCP, a troqué une carrière prometteuse pour vivre une passion dévorante : parcourir les grands espaces à vélo. Son parcours l’a conduit à parcourir 275 000 kilomètres en dix ans, à travers une cinquantaine de pays.
«Tu m’entends bien ? Car j’ai deux bonnets, il fait très froid !» lance-t-il en début d'entretien, installé dans sa tente dans les Dolomites, à 200 mètres de la limite pluie-neige. Pas question de s'arrêter ; ses aventures cyclistes ne connaissent pas de repos depuis une décennie.
À la sortie de l’ESCP, pourtant, l’avenir de Maximilian semblait tracé. Après une année chez Nature & Découvertes, il refuse un CDI. «Je n’étais pas motivé par cette vie professionnelle, je voulais plus qu’un avenir tout tracé», confie-t-il, conscient que cette décision déçoit son grand-père. Sa soif d’aventure l’a amené à fuir cette voie conventionnelle.
Originaire d'Italie, avec des racines franco-allemandes, Maximilian a toujours été en mouvement. Ses premières années entre Espagne, Allemagne et Grèce ont nourri son désir de découverte. Il décide alors de s'offrir deux années de césure pour explorer les Balkans et l'Afrique de l'Est, subsistant grâce à ses travaux de traduction et ses livraisons à vélo.
En 2019, il réalise un premier défi : traverser l’Amérique du Nord à vélo, explorant des terres variées. «J’avais une insouciance que j’ai perdue», se remémore-t-il. Suivant un rythme effréné de 150 à 200 km par jour, il se confronte à des défis comme le désert d’Atacama, où l’hydratation devient cruciale. «J’ai bu 5 litres la première heure de traversée», se souvient-il, encore marqué par cette expérience.
En 2021, fort de son expérience, il se lance dans un défi encore plus relevé : suivre les trois grands tours cyclistes d'Europe - le Giro, le Tour de France et la Vuelta — avec une autonomie totale. Bien que satisfait de son aventure, il ressent un manque d’excitation à la fin de la course. «Après tout, c’était trop plat», conclut-il, déterminé à trouver des itinéraires plus authentiques.
Passionné par son mode de vie minimaliste, Maximilian souhaite inspirer ceux qui l'entourent, bien qu'il ne se considère pas comme un écologiste. «Je veux partager ma passion, pas seulement parler de moi», explique-t-il. Tout en continuant à créer des itinéraires, il envisage de transformer cette passion en source de revenus.
Le cycliste, très actif sur les réseaux sociaux, ne manque pas d'attirer l'attention. Des marques comme Decathlon collaborent avec lui pour tester du matériel, mais Maximilian souhaite rester libre de tout conditionnement commercial. «Je préfère citer les marques quand la situation l’exige», précise-t-il.
«Le vélo m’a donné confiance, il m’a rendu heureux, indépendant et libre», déclare-t-il, conscient de tout ce qu’il a accompli. Après tant de temps passé à parcourir le monde, il a récemment choisi de s'établir avec sa compagne allemande, Nina, tout en restant près des chemins qui l’appellent. En mai, il planifie de se rendre au mariage de son frère… à bicyclette.
La leçon qu'il retient de cet incroyable voyage est simple : «Être heureux est ce qui compte le plus», une philosophie qu'il partage avec ceux qui croisent son chemin.







