C'est une personnalité incontournable de la Savoie qui nous a quittés ce jeudi : Louis Besson s'est éteint à 88 ans. Pendant plus de six décennies, ce fervent humaniste de gauche a dédié sa vie à la politique, œuvrant inlassablement pour améliorer le quotidien de ses concitoyens et développer sa région montagnarde, exercant des fonctions de maire, député, ministre et président du conseil général.
Une figure respectée de l'engagement politique
"Je me souviens qu’au cours des années 70, il collaborait avec Michel Barnier", confie Michelle, 80 ans, rencontrée dans les rues de Chambéry, où Louis Besson a exercé sa fonction de maire pendant 15 ans. "Bien qu'ils aient des opinions politiques divergentes, ils unissaient leurs efforts sur des projets communs, ce qui témoigne d'un véritable esprit d'ouverture."
Ainsi, lorsque les habitants croisaient Louis Besson, beaucoup le saluaient d'un "Bonjour Monsieur le ministre", auquel il répondait amicalement : "Je m'appelle Louis". Cette anecdote a été rapportée par Bernadette Laclais, qui a d'abord été sa directrice de cabinet avant de devenir son successeur en tant que maire en 2007. Elle évoque avec émotion l'impact de ses nombreux projets : "Il a défendu tant d'initiatives qui ont transformé nos vies et nos territoires. Sa constance dans la réflexion et son immense humanité marquent un héritage indélébile."
Un dialogue constructif au-delà des clivages
Louis Besson a joué un rôle clé dans l'adoption de plusieurs lois importantes, dont la loi montagne de 1985, visant à protéger les territoires montagnards et créant l’ANEM (association nationale des élus de la montagne). Il est également à l'origine de la loi SRU de 2000, qui impose aux communes un quota de logements sociaux, ainsi que de la législation portant son nom sur le droit au logement des gens du voyage, qui instaurait des aires de grands passages.
Hervé Gaymard, actuel président du Département et ancien collègue, se souvient : "Il a été conseiller départemental durant 27 ans et en a été président pendant six ans. C'était un homme de bien, avec qui il était agréable de dialoguer, même sur des sujets de désaccords. Son départ est une immense perte pour la Savoie." Malicieusement, Gaymard rappelle un point de désaccord concernant le tracé du projet ferroviaire Lyon-Turin, dont Louis Besson a été un fervent défenseur, sans avoir l'occasion d'en voir la concrétisation.







