En Allemagne, l'ancienne chancelière Angela Merkel continue de susciter une forte admiration, surtout auprès des jeunes générations. Mais comment expliquer ce désir de revivre une période à peine connue ? Interroge Die Zeit.

Son autobiographie, Freiheit, a rencontré un succès retentissant et les réseaux sociaux regorgent de mèmes et de vidéos nostalgiques qui célèbrent son image. Près d'un jeune sur trois, âgé de 18 à 29 ans, rêve même de son retour à la tête du gouvernement, comme le rapporte Die Zeit.

Cependant, il est essentiel de clarifier de quelle version d'Angela Merkel on parle. La journaliste Marlène Knobloch souligne que “l'époque dont nous avons mémoire n’a pas nécessairement correspondu à la réalité de son mandat”. Un phénomène similaire s’observe aux États-Unis avec la nostalgie de l’ère Obama, malgré ses décisions controversées comme l'utilisation de drones ayant causé de nombreuses victimes civiles.

Un passé idéal, vraiment ?

D'après Die Zeit, les clés de cette nostalgie résident dans la psychologie humaine. Le psychologue Daniel Kahneman explique que “nous vivons deux réalités : celle de l'expérience et celle du souvenir”, et il existe souvent un fossé entre les deux.

Les humains ont tendance à “mal évaluer les faits”, ce qui les amène à idéaliser des moments passés qui ne le furent pas nécessairement. Par exemple, les souvenirs de 2016, souvent qualifiés de “dernière belle époque”, semblent en contradiction avec les perception des événements de l'époque, où beaucoup se mouvaient dans une ambiance pessimiste.

Selon Marlène Knobloch, cette “grâce merveilleuse du déni” se révèle être un mécanisme de défense face aux incertitudes actuelles. Les attentes et les besoins sociétaux évoluent, mais des figures comme Merkel et Obama continuent d'exercer une influence. Dans le cas de Merkel, son style pondéré et sa “maîtrise de la litote” apparaissent comme des qualités réconfortantes en ces temps troublés.