Dans un élan inédit, l'Espagne a déjà enregistré plus d'un million de demandes de régularisation de la part d'étrangers en situation irrégulière, dans le cadre d'un plan ambitieux initié par le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez. Ce processus, qui s'est ouvert à la mi-avril, se closera ce mardi, et a suscité de vives réactions, tant de la droite que de l'extrême droite.
Le Premier ministre a affirmé : « Nous voulons que le monde voie l'Espagne comme un pays respectueux des droits humains », tout en soulignant que cette initiative est non seulement bénéfique sur le plan social, mais également sur le plan économique, malgré les défis d'intégration qui l'accompagnent. Les autorités doivent désormais traiter ces demandes dans un délai de trois mois pour attribuer ou non un permis de séjour valide uniquement en Espagne.
Une politique migratoire audacieuse
Les candidats à la régularisation doivent prouver leur présence en Espagne depuis au moins cinq mois, ainsi que l'absence de casier judiciaire. Le gouvernement a évalué que près de 500 000 personnes pourraient bénéficier de cette mesure, la majorité provenant d'Amérique latine. Pedro Sánchez a qualifié cette initiative d'étape essentielle pour sortir de l'ombre des milliers de personnes vivant en Espagne, en promouvant une politique migratoire « légale, sûre et ordonnée ».
En pleine crise liée à des scandales de corruption affectant son administration, le Premier ministre mise sur cette politique comme un levier pour redorer le blason de son gouvernement, à l'approche des élections. Selon lui, l'immigration reste cruciale pour soutenir l'économie espagnole, en particulier dans les régions qui souffrent d'une baisse de population. Il a même déclaré : « Sans immigration, l'Espagne pourrait perdre jusqu'à 19 % de son PIB d'ici 2050 ».
Réactions et témoignages
Cette démarche a reçu un accueil positif de la part d'acteurs économiques, en raison des difficultés de recrutement dans plusieurs secteurs. Toutefois, Sánchez a pointé du doigt les discours xénophobes alimentés par le Parti populaire et Vox, soulignant que le vivre-ensemble présente inévitablement des tensions.
Juana Hernandez, une Cubaine de 59 ans résidant à Madrid, exprime son enthousiasme pour ce plan : « C'est une grande opportunité », a-t-elle confié, mentionnant sa joie après avoir reçu une notification positive concernant sa demande. De son côté, Mohamed, un jeune Marocain, attend avec espoir sa regularisation pour travailler légalement et s''éloigner de l'exploitation potentielle par des employeurs peu scrupuleux.
En 2025, environ 37 000 migrants irréguliers ont été recensés en Espagne, un chiffre en forte baisse par rapport aux années précédentes. Avec plus de 10 millions d'étrangers vivant dans le pays, l'Espagne continue d'être un point d'entrée majeur en Europe pour des migrants cherchant une meilleure vie.







