La Chambre basse du Parlement japonais a validé un texte législatif qui criminalise la profanation du drapeau national, un projet qui s'inscrit dans le cadre des politiques conservatrices de la Première ministre Sanae Takaichi. Ce projet, soutenu par le Parti libéral-démocrate (PLD), pourrait toutefois rencontrer des obstacles à la Chambre haute où le PLD détenait moins de sièges, laissant l'opposition alerter sur un possible manquement à la liberté d'expression, droit fondamental protégé par la Constitution.
Selon le nouveau texte, toute altération, retrait ou détérioration publique du drapeau pourrait entraîner des sanctions de jusqu'à deux ans d'emprisonnement ou une amende maximale de 200.000 yens (environ 1.081 euros). Ce projet a été voté par la majorité PLD à la Chambre basse, mais les partis d'opposition, tels que le Parti démocratique pour le peuple et le parti Sanseito, ont choisi de s'abstenir par désaccord sur une autre législation discutée en parallèle, comme rapporté par l'agence Jiji Press.
L'Alliance centriste pour la réforme, un autre parti d'opposition détenant une part significative de sièges, a questionné la légitimité de cette criminalisation, appelant à des débats plus approfondis sur cette mesure. Takeshi Iwaya, ancien ministre et figure marquante du PLD, s'est également abstenu lors du vote, partageant son avis selon lequel le respect du drapeau devrait être cultivé plutôt qu'imposé par la loi. Ses déclarations, rapportées par NHK, soulignent une tension au sein même de la coalition au pouvoir.
En outre, cette législation a suscité des débats en ligne, comme en témoigne la romancière Mieko Kawakami, qui a exprimé son désaccord sur les réseaux sociaux. "Imposer le respect de l'État par des sanctions punitives n'est point de l'amour, mais une contrainte à l'obéissance", a-t-elle tweeté. Cette controverse souligne non seulement la division politique mais également les craintes d'un glissement vers une restriction des libertés individuelles au profit d'une conformité imposée.







