À l'approche du sommet du G7 à Evian, les dispositifs de sécurité drastiques impactent fortement la ville de Genève. Alors qu'environ 5 000 journalistes et 14 000 policiers convergent vers l'événement, la population locale ressent une certaine irritation face à ces mesures mises en place sans concertation.
La Confédération helvétique a appris que le sommet se tiendrait à Evian par une annonce sur les réseaux sociaux du président Emmanuel Macron. Un manque de concertation que déplore Carole-Anne Kast, conseillère d'État en charge de la sécurité, affirmant que la ville de Genève, pourtant proche géographiquement, n'a pas été impliquée dans la planification de cet événement d'envergure. Avec l'afflux imminent de dirigeants mondiaux et d'invités spéciaux, il est évident que les mesures de protection vont largement déborder sur le territoire français.
La crainte d'un chaos routier
En anticipation du sommet, les contrôles aux frontières entre la Suisse et la France ont été réinstaurés jusqu'au 19 juin. À la gare de Genève, les voyageurs ont déjà remarqué la multiplication des contrôles d'identité, provoquant frustration et délais. Des militaires surveillent le flux de passagers, affichant une impatience visible dans leurs interactions.
Des files d'attente exceptionnellement longues se sont formées aux douanes, avec 28 des 35 postes fermés pour concentrer les contrôles. Mauro Poggia, conseiller d'État, met en garde sur ces répercussions : "Cela retarde les passages et oblige le secteur sanitaire à annuler de nombreuses interventions planifiées," rapporte La Tribune de Genève.
La fermeture d'une portion d'autoroute autour de Genève complique également les trajets, prévoyant des détours conséquents pour les délégations qui atterrissent principalement à l'aéroport genevois. Poggia souligne que la France aurait pu envisager des alternatives, tels que des accès par le territoire français pour atténuer les impacts sur la circulation locale.
Mauro Poggia, conseiller d'État genevois, souligne : "L'élémentaire respect à l'égard d'un pays voisin aurait dû amener la France à examiner les implications de l'organisation d'un tel sommet, à côté d'une ville qui accueille 40 organisations internationales."
Les sentiments exprimés par les élus et les citoyens de Genève révèlent une réaction collective face à ce qu'ils perçoivent comme une ingérence qui renforce les tensions entre la Suisse et la France, malgré les échanges amicaux historiques entre les deux nations.







