Dans un projet novateur, La Verpillière, située en Nord-Isère, s'attaque au fléau des moustiques tigres en relâchant quatre millions de mâles stériles dans ses rues. Cette initiative, presque unique en France, vise à empêcher la reproduction des femelles sauvages qui, en s'accouplant avec les mâles stériles, ne pourront pondre que des œufs vides. Une méthode qui promet d'être efficace et sans danger pour les citoyens.
Chaque semaine, la commune prévoit de lâcher 200 000 moustiques mâles stériles, principalement les mardis et jeudis, sur une surface de 70 hectares, touchant ainsi près de 3 000 habitants. Le moustique tigre a envahi l'Isère, et cette solution, développée en partenariat avec Terratis, pourrait fournir une réponse durable.
"Cela consiste à lâcher des moustiques mâles stérilisés chaque semaine pour limiter leur prolifération", explique Clélia Oliva, présidente de Terratis, ajoutant que l'objectif est d'atteindre jusqu'à 90% de réduction de la population de moustiques sur deux ans. La stérilisation se fait à l'aide de rayons X, sans intervention chimique, garantissant ainsi une approche respectueuse de l'environnement.
Le coût de cette initiative est de 80 000 euros pour l'année, un investissement jugé nécessaire par le maire Emmanuel Damato, qui souligne l'importance de la santé publique. "Les cas de chikungunya et de dengue sont en hausse et nous avons l'obligation de trouver des solutions", déclare-t-il. Selon lui, le succès de cette approche dépendra également de l'engagement des citoyens à intervenir au niveau individuel, notamment en éliminant les points d'eau stagnante autour de chez eux.
En effet, un centimètre d'eau suffit à un moustique tigre pour se reproduire, et une femelle peut pondre jusqu'à 200 œufs à la fois, piquant durablement durant la journée. Le maire encourage chaque foyer à participer à cette campagne de lutte, soulignant qu'une action collective est essentielle pour maximiser l'efficacité de cette initiative.
Dans l'optique d'une extension, La Verpillière envisage d'élargir la zone des lâchers tout en insistant sur la responsabilité des citoyens dans la lutte contre ces insectes. En unissant les efforts des autorités locales et de la communauté, cette démarche originale pourrait bien devenir une référence dans la lutte contre les moustiques en France.







