Au moins une personne a perdu la vie dans des manifestations violentes au Kenya, alors que des centaines de personnes s'opposaient à la construction d'un centre de quarantaine pour des Américains potentiellement exposés au virus Ebola. Ce centre est en construction sur la base aérienne de Laikipia, près de Nanyuki, et vise à accueillir des ressortissants américains en provenance de la République démocratique du Congo, où une épidémie de fièvre hémorragique Ebola a été déclarée le 15 mai.
Les craintes des habitants sont palpables. Beaucoup redoutent l'arrivée de personnes potentiellement infectées dans un pays qui n'a enregistré aucun cas d'Ebola. Lors d'une récente manifestation, des protestataires ont manifesté leur colère en brûlant des pneus et en lançant des pierres aux forces de l'ordre, qui ont réagi par des tirs de gaz lacrymogènes, aggravant ainsi les tensions. Hussein Khalid, directeur de l'ONG Vocal Africa, a signalé qu'un homme a été gravement blessé lors des affrontements, ajoutant que la mort de Manifestant était confirmée. D'autres témoins à Nanyuki ont évoqué des coups de feu durant les émeutes.
Les manifestations à Nanyuki, qui ont débuté dès le matin avec des citoyens portant des équipements de protection et un cercueil portant l'inscription "Ebola", illustrent l'angoisse grandissante face à cette situation. Mwangi Wangai, défenseur des droits humains, a exprimé son indignation, déclarant : "Les Américains pensent que notre pays est une décharge pour leur Ebola".
Le projet a suscité un large mécontentement, avec de nombreux Kényans dénonçant une hypocrisie, les États-Unis préférant renvoyer leurs citoyens malades plutôt que de les soigner sur place. "Nous n'avons pas cette maladie ici, pourquoi l'introduire dans notre pays ?", s’est indigné Zipporah Wachira, une résidente de Nanyuki. Des manifestations similaires avaient eu lieu plus tôt, avec des rapports faisant état de deux manifestants tués par balles dans des confrontations précédentes.
Un élément aggravant cette situation est la récente décision de la justice kényane, qui a ordonné la suspension du projet au nom de l'intérêt public. Cependant, le gouvernement du président William Ruto a révélé son intention de poursuivre l'initiative, arguant de leur engagement envers les États-Unis, qui ont promis 13,5 millions de dollars pour l'aide à la préparation d'Ebola au Kenya.
Alors que la situation évolue, il est crucial de considérer les implications de cette quarantaine non seulement sur la santé publique, mais aussi sur la perception et la confiance des Kényans envers leur gouvernement et les États-Unis en matière de santé publique. Tarik Jasarevic, porte-parole de l'OMS, a souligné que la collaboration entre le Kenya et les États-Unis nécessiterait le soutien de la communauté locale pour être réellement efficace.







