Vladimir Poutine a fait son entrée en Chine ce mardi, rencontrant son "bon ami de longue date" Xi Jinping pour réaffirmer la solidarité entre leurs nations. Cette rencontre intervient peu après la visite historique de Donald Trump, qui a été la première d'un président américain à Pékin depuis près d'une décennie, enrichissant le paysage diplomatique entre ces puissances.
La réunion entre Poutine et Xi a pour but de discuter des moyens de renforcer leur partenariat stratégique et d’échanger des opinions sur les questions internationales majeures, selon la présidence russe. Leurs âges respectifs, 73 et 72 ans, n’entravent en rien l’intensité de leur dialogue, qui devrait déboucher sur la signature d'une déclaration commune.
Avant la rencontre, les deux dirigeants avaient échangé des lettres pour célébrer les 30 ans de leur partenariat bilatéral, avec Xi s'exprimant sur une coopération toujours plus profonde. Dans une vidéo diffusée par Poutine, il a souligné que les relations sino-russes sont désormais à un "niveau absolument inédit" et jouent un rôle clé dans la stabilisation mondiale.
Des liens "plus solides et stables" que ceux avec les États-Unis
Bien que la visite de Poutine ne bénéficie pas du même élan que celle de Trump, cela semble peu importe, selon Patricia Kim de la Brookings Institution, qui affirme que les liens entre la Chine et la Russie sont perçus comme plus solides que ceux des États-Unis. Cette relation a pris de l'ampleur depuis l'invasion de l'Ukraine, la Russie devenant de plus en plus économiquement dépendante de la Chine, notamment pour ses ventes de pétrole.
Alors que Pékin souligne le respect de l'intégrité territoriale, il n’a cependant pas condamné Moscou pour son agression en Ukraine. C'est un fait crucial depuis que la Russie fait face à une isolement croissant par les Occidentaux.
Lors de leur précédente communication, Trump et Xi avaient aussi abordé la question ukrainienne. Patricia Kim fait remarquer que le président chinois "va certainement discuter avec Poutine" des sujets échangés avec Trump, ce qui renforce la position de Moscou sur l'absence d'accords nuisibles à ses intérêts.
Vers une coopération renforcée au Moyen-Orient
Poutine discutera également des initiatives chinoises au Moyen-Orient avec Xi, en particulier après que Trump a encouragé Pékin à jouer un rôle plus actif. Mais les perspectives divergent, surtout concernant les tensions américano-israéliennes et le détroit d'Ormuz, où les intérêts énergétiques chinois et russes ne sont pas nécessairement alignés. James Char, professeur à l’Université technologique de Nanyang, indique que la Chine privilégiera le libre passage maritime pour sa prospérité économique.
De son côté, la Russie bénéficierait potentiellement d'un conflit prolongé en Iran, en augmentant ses ventes d'énergie. Les deux dirigeants se pencheront également sur l’approfondissement des partenariats énergétiques, une priorité pour les deux pays dans le contexte des sanctions occidentales contre la Russie.







