Une cour d'appel fédérale américaine a annoncé vendredi une suspension temporaire de l’acheminement postal de la mifépristone, le médicament employé dans la majorité des interruptions volontaires de grossesse aux États-Unis. Cette mesure s'inscrit dans un contexte où le débat sur l'avortement est particulièrement intense.
En juin 2022, la Cour suprême a annulé la protection fédérale du droit à l'avortement, permettant ainsi aux États de légiférer librement. Depuis, une vingtaine d'États ont institué des restrictions sur l’IVG, qu’elle soit médicamenteuse ou chirurgicale.
Danco Laboratories face à la justice
Cette décision, émanant d'une cour d'appel à majorité conservatrice, complique davantage l'accès à l'IVG, notamment par télémédecine, qui représente plus d'un quart des interruptions aux États-Unis, comme le souligne le Center for Reproductive Rights.
Danco Laboratories, l'un des distributeurs de la mifépristone, a demandé un sursis administratif temporaire d’une semaine, le temps de saisir la Cour suprême. Selon un document soumis au tribunal, cette situation pourrait engendrer une période d'incertitude.
Une réaction divisée
La décision de la cour répond à une demande formulée par la Louisiane, État ayant adopté des lois très restrictives concernant l’avortement. La procureure générale de cet État, Liz Murrill, a exprimé sa satisfaction sur les réseaux sociaux : "Une victoire pour la vie !"
Cependant, des voix s'opposent vivement à cette décision. Nancy Northup, présidente de l'ONG Center for Reproductive Rights, a déclaré qu'il s'agissait d'un moyen de rendre l'avortement "aussi difficile, cher et inaccessible que possible". La réalité pour de nombreuses femmes, surtout celles vivant dans des zones rurales, est qu'elles pourraient perdre l'accès à des soins vitaux.
L'organisation ACLU a également exprimé des inquiétudes, avertissant qu’un accès restreint à la télémédecine met en péril la santé de nombreuses femmes, en particulier celles qui font face à des abus ou des handicaps.
En conclusion, cette décision judiciaire s'inscrit dans un débat plus large et a des implications potentiellement désastreuses pour l'accès à l'IVG, marquant un tournant dans la lutte pour les droits reproductifs aux États-Unis.







