Dans la nuit du 12 au 13 juin, une quinzaine d'activistes du mouvement "guerre à la guerre" ont franchi les barrières de sécurité de l'entreprise Nicomatic, située à Saint-Cergues en Haute-Savoie, pour dénoncer son contrat de sous-traitance avec la multinationale Thalès.
Vers 3 heures du matin, ces militants ont fait irruption sur le parking de l'entreprise et ont commencé à taguer la façade avec des messages faisant référence à leur opposition au militarisme. Un responsable de Nicomatic, souhaitant rester anonyme pour des raisons de sécurité, a déclaré à ICI Pays de Savoie que ces messages étaient presque illisibles, mais clairement ancrés dans une protestation antiviolente.
La sécurité du site va être renforcée
La situation a rapidement été maîtrisée grâce à l'intervention des forces de l'ordre, averties par le vigile sur place. Quatorze militants ont été interpellés et placés en garde à vue, a confirmé le parquet de Thonon-les-Bains. Un des activistes, qui n'était pas sur les lieux, a déclaré : "L'idée c'était de faire une action pacifique en partageant du son devant le bâtiment et des flyers anti-guerre dans l'entreprise".
Suite à l'incident, la direction de Nicomatic a convoqué une cellule de crise et annoncé qu'elle renforcerait la sécurité de ses locaux 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Un autre responsable a exprimé : "Psychologiquement, c'est très violent".
"On ne fabrique pas des armes"
Cela n'est pas la première fois que Nicomatic fait face à de telles actions. D'après des sources, des militants antimilitaristes avaient déjà pénétré les lieux lors d'une action similaire dans la nuit du 31 mai au 1er juin, sans aucune arrestation. La direction de l’entreprise explique qu’elle n’a aucune implication directe dans la fabrication d’armements, Nicomatic étant principalement spécialisée dans la production de connecteurs électriques.
En réponse à ces accusations, la direction a déclaré : "On ne fabrique pas des armes". La raison de ces protestations viendrait, selon les militants, d'une enquête de RTL datée de 2024, qui établit le lien entre les produits de Nicomatic et des équipements militaires russes utilisés en Ukraine. Nicomatic, de son côté, insiste sur le fait que les éléments trouvés sur le terrain ont été fabriqués avant le conflit et qu'aucune exportation ne se fait désormais vers la Russie.
Les militants accusent l'entreprise de servir Moscou
La controverse se recentre ainsi sur le rôle de Nicomatic et la manière dont ses produits pourraient être redirigés vers des applications militaires. Un responsable de l'entreprise a expliqué : "Cet amalgame m'agace", ajoutant que leurs connecteurs sont aussi utilisés dans des appareils médicaux et électroménagers.
En raison de la récidive de ces actes de vandalisme sur leur site, la direction a décidé de porter plainte. Un responsable a souligné : "On ne va pas se laisser faire", exprimant également des craintes quant à des débordements potentiels de la part de ce groupuscule.
Alors que cette affaire soulève une vaste réflexion sur la relation entre entreprises et militarisme, la réponse des autorités et la guérison des traumatismes causés dans l'entreprise reste à observer.







