Ce lundi 8 juin, la cour a commencé à examiner le dossier de Jérôme P., jugé pour viols et violences, ce qui a conduit à peindre un tableau effrayant d'une famille où la polygamie et la violence étaient monnaie courante. Selon l'ex-compagne d'un des frères de l'accusé, Christelle L., cette famille serait comparable à une secte, notant que ses membres se distinguent par leur violence et leur capacité à manipuler les autres.
Peine maximale de vingt ans
Âgé de 45 ans, Jérôme P. est en procès jusqu'à jeudi à Saint-Omer, confronté à des accusations de viol sur l'une de ses compagnes et de violences intrafamiliales. S'il est reconnu coupable, il pourrait encourir une peine allant jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.
Christelle L., témoin dans cette affaire, a expliqué avoir quitté Joël P., le frère aîné de l'accusé, en 2018. Ce dernier est actuellement en détention pour des accusations similaires. Elle a indiqué que Jérôme vivait avec plusieurs femmes pendant de longues périodes, une pratique notée comme étant habituelle au sein de cette famille. Au fil des témoignages, il est ressorti que Jérôme a été vu en train de frapper son ex-compagne, Jennifer C., qui a porté plainte contre lui en 2022.
Une autre femme, compagne d'un frère de l'accusé, a également témoigné de la polygamie pratiquée par Jérôme, la qualifiant de "secret d'État" dans ce milieu familial. Selon elle, les violences étaient accrues par l'emprise que Jérôme exerçait sur ses compagnes, confinées dans un cadre strict et surveillé.
Les témoignages convergents
La mère de Jérôme, contrant les accusations, a déclaré que son fils aidait simplement "des femmes en détresse" et qu'il n'avait jamais cohabité avec plusieurs compagnes au même moment. Toutefois, les preuves accumulées au cours de l'enquête indiquent un système d'emprise où les femmes étaient systématiquement isolées et contrôlées, ce qu'a confirmé un expert en psychologie.
La cour a entendu que les compagnes de Jérôme P. étaient souvent soumises à des règles rigides et n'avaient pas de vies sociales ni d'accès à leurs ressources financières, ce qui soulève des questions quant à leur autonomie et au contrôle exercé par l'accusé.
L'avocate de la partie plaignante, Me Fabienne Roy-Nansion, a affirmé sur l'AFP que Jérôme était un "chef de harem", surveillant ses compagnes par le biais de caméras et de dispositifs de géolocalisation. "Il tournait souvent autour d'elles, prêt à recourir à la violence si quelque chose ne lui plaisait pas," a-t-elle précisé.
Les révélations continuent d'affluer, et le climat de tension et de domination entourant cette famille est désormais exposé aux yeux de la cour. Comme l'indiquent d'autres sources locales, cette affaire soulève de nombreuses problématiques liées aux violences faites aux femmes, et plusieurs experts s'accordent à dire que des lois plus strictes sont nécessaires pour protéger les victimes de ce type de violences.
Pour toute personne souffrant d'une situation de violence, le numéro 3919, "Violence Femmes Info", est un service national gratuit et anonyme proposant informations et soutien.







