Les habitants de Lucenay, un village paisible du Rhône, sont en état de choc après la mise en examen d'un homme, soupçonné d'avoir violé et agressé sexuellement 34 garçons âgés de 3 à 9 ans au cours de soirées pyjama organisées chez lui. Les révélations, rapportées par franceinfo, ont plongé la communauté dans l'angoisse.
Ce père de famille, qui avait d'abord été incarcéré en janvier 2025, est soupçonné d'avoir commencé ses actes lorsqu'il proposait des soirées entre amis. Les plaintes ont afflué fin 2024, lorsque plusieurs parents ont commencé à s'inquiéter des changements de comportement de leurs enfants. Aux premières accusations, le suspect avait nié et même tenté de se suicider. C'est lors d'une seconde garde à vue qu'il a admis les faits concernant trois victimes, ouvrant la voie à une enquête plus vaste.
"On n'en revient toujours pas"
Les témoignages des habitants de Lucenay révèlent un sentiment de trahison. Une jeune femme, dont la cousine est scolarisée avec la fille du suspect, confie : "Ma tata et tous les parents étaient très inquiets, ont craint qu'il ait pu faire le même type de choses avec les filles. C'est très difficile à accepter, 34 enfants, c'est beaucoup.” Dany, un résident de longue date, se dit “complètement catastrophée”, déplorant la perte de la tranquillité de leur village.
Une façade de bon père
Jean Sannier, avocat de l'association Innocence en danger, souligne que ces crimes sont souvent perpétrés par ceux qui apparaissent comme des “bons voisins” ou “bons pères de famille”. Selon lui, le suspect présentait un cadre rassurant et familial, ce qui a permis l'installation d'une confiance mal placée. “C'était de terribles pièges criminels”, déclare-t-il. Les appels à la vigilance se multiplient, surtout à l’égard des enfants qui, selon Sannier, pourraient ne pas toujours réaliser qu'ils courent un danger.
Une enquête qui s'annonce délicate
L'avocat évoque également des craintes concernant la possibilité que les enfants aient été sédatés. Dans cette optique, il indique : “Je suis persuadé que les enfants ne dormaient pas d'un sommeil naturel.” Les éléments méthodiques collectés dans le cadre de l'enquête, notamment des vidéos, laissent entrevoir le caractère calculé de ces agressions. Le chemin vers la justice sera long, et les familles des victimes espèrent obtenir, à terme, une réparation et des réponses à leurs questions.
Cette tragédie rappelle que même dans des communautés soudées, des horreurs peuvent se cacher sous une apparente normalité. La vigilance, l'éducation des enfants au respect de leur corps et la communication entre parents sont désormais plus que jamais nécessaires pour éviter de telles atrocités à l'avenir.







