Du 8 au 13 avril, la cour d'assises du Tarn-et-Garonne examine un féminicide particulièrement tragique. Isabelle, âgée de 36 ans, a été brutalement assassinée par son partenaire, un homme dont elle souhaitait se séparer. Le couple avait cinq filles, désormais sous la garde de leur grand-mère, Michèle Gabens, qui se retrouve seule à les élever.
Avec une détermination inébranlable, Michèle, 67 ans, raconte : “Ca va être très dur mais on se prépare.” Depuis les événements tragiques de mars 2023, elle s'est battue pour que ses petites-filles, Mélina, Analya, Nessa, Evea et Lylha, bénéficient d'une enfance stable après la perte dévastatrice de leur mère, assassinée par leur père. Les enfants, privées de leur mère, poursuivent leurs études et obtiennent d'excellents résultats, une source de fierté pour la grand-mère déterminée à offrir un avenir meilleur.
Ce procès a pour but d'apporter justice à une famille dévastée. Le père, Sébastien Bettencourt, 41 ans, fait face à des accusations graves de meurtre et de torture, car il a infligé des cruautés inacceptables à Isabelle. En outre, il est également jugé pour des actes de nature sexuelle, marquant ainsi la gravité de ses crimes. Les jeunes filles, ayant coupé les liens avec leur père, demandent au tribunal de le déchoir de son autorité parentale, choisissant de porter le nom de leur mère, un geste symbolique de leur lutte pour la résilience.
En raison de la situation difficile qu'elles traversent, Michèle a dû faire face à des défis administratifs. Malgré l'absence d'un statut de pupille de la nation qui aurait pu les aider, elle a cherché du soutien. “Je ne crache pas dans la soupe, j'ai toqué à toutes les portes,” déclare-t-elle, mentionnant l’association MANEL, qu'elle a fondée pour soutenir les autres familles dans leur situation. Elle confie qu'elle a engagé plus de 9.000 euros pour des services psychologiques, soulignant l'impact émotionnel de ce drame sur les enfants.
Après le procès, Michèle prévoit de se consacrer intensément à son association. “Après ce qu'on a traversé, la maltraitance administrative, si on peut aider d'autres orphelins...” Cela témoigne de son engagement à transformer son chagrin en action, pour veiller sur d'autres jeunes victimes de la violence familiale. Son histoire est un cri de détresse et un appel à l'action pour une meilleure protection des familles touchées par la violence.







