Depuis plusieurs mois, les plongeurs de la gendarmerie française se consacrent à l'exploration de rivières et fleuves à la recherche d'épaves. Avec l'aide de sonars et de drones sous-marins, ces missions pourraient enfin lever le voile sur des disparitions mystérieuses, certaines non élucidées depuis des décennies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
A Louhans-Châteaurenaud, un ancien gendarme, Pierre Garceau, témoigne d'une affaire résolue après quarante ans. Lors d'un entraînement, une Citroën dissimulée dans la vase a été retrouvée, ainsi qu'un crâne et des os humains, appartenant à un père de famille disparu en 1984. Garceau, qui avait initialement enquêté sur le dossier, confie : "C'est frustrant de savoir que le véhicule était si proche, mais comment aurait-on pu le localiser à l'époque ?" La découverte a bouleversé la communauté, bien que les proches de la victime aient préféré garder le silence.
Des milliers de voitures englouties
On estime qu'il existe plusieurs milliers de voitures immergées dans les cours d'eau de France. Dans les Yvelines, un sonar a récemment repéré une forme suspecte. Des plongeurs se préparent à explorer la zone : "Nous espérons fouiller le véhicule identifié pour retrouver des éléments d'identification", explique un membre de l'équipe.
À cinq mètres de profondeur, la visibilité est extrêmement limitée, mais une voiture a été localisée. Les recherches se multiplient à travers le pays, avec au moins 2 500 épaves découvertes et trois corps retrouvés jusqu'à présent. Cependant, la vase complique l'exploration. Un gendarme souligne : "Nous devons replonger pour un examen plus approfondi, malgré les difficultés d'envasement."
La technologie au service des cold cases
Pour mener à bien ces investigations, la gendarmerie utilise des équipements de pointe. Lorsqu'un corps est localisé, la voiture est modélisée en 3D. Des robots et des drones sous-marins permettent d'explorer les épaves. Yohan Gérard, commandant de la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, précise : "Nous avons des caméras en ultra haute définition qui nous permettent d'examiner les véhicules de près, afin d'identifier potentiellement des corps ou des indices."
Le matériel de haute technologie pourrait changer la donne pour des affaires de disparitions anciennes. Une affaire marquante est celle de la famille Méchinaud, disparue en décembre 1972 près de Cognac, qui demeure le plus vieux cold case français. Malgré cinquante ans de recherches dans le fleuve Charente, la voiture et les corps n'ont jamais été retrouvés. Didier Seban, avocat des proches, se montre optimiste : "Nous mettons les moyens nécessaires pour découvrir la vérité, et j'espère que cette fois-ci, nous y parviendrons."
En France, environ une centaine de plongeurs de la gendarmerie sont mobilisés. La tâche de localiser et d’identifier toutes les voitures immergées pourrait prendre plusieurs années.







