Ce mardi 16 juin, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a officialisé le budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence. Alors que les citoyens respirent un peu, car aucune hausse de la fiscalité n'est prévue, plusieurs communes devront néanmoins s'adapter face à une réduction de leurs aides financières.
Cette décision met un terme à plusieurs semaines de tutelle imposée par l'État, restituant ainsi au conseil métropolitain sa pleine autonomie budgétaire. "Tout en évitant une pression fiscale supplémentaire, nous devons faire face aux réalités économiques", a souligné Witkowski lors d'une conférence de presse.
Le préfet acte les 91 millions d'euros d'économies
Pour lutter contre un déficit budgétaire de 144 millions d'euros, le préfet a validé des mesures de réduction des dépenses totalisant près de 91 millions d'euros. Ces économies se traduiront par une diminution des charges générales et des dépenses de personnel, reflet des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC) formulées le 11 juin 2026.
Une attention particulière est portée sur la Régie des transports métropolitains (RTM), qui devra chercher à réaliser une économie de 30 millions d'euros. Sa présidente a insisté sur l'urgence d'instaurer une "tarification sociale" pour l'ensemble des usagers, allant au-delà des seuls critères d'âge. Ce changement pourrait permettre d'élargir l'accès aux transports publics pour plusieurs catégories de la population.
Les communes mises à contribution pour 53 millions d'euros "indûment perçus"
Malheureusement, ces efforts ne suffisent pas à assainir complètement les finances de la métropole. Le préfet a ainsi demandé une révision des aides attribuées aux communes, jugées "facultatives" et susceptibles d'être ajustées. Le rapport de la CRC mentionne que certaines de ces aides, s'élevant à un montant total de 178 millions d'euros, ont été versées de manière injustifiée, sans correspondre à un véritable transfert de compétences.
Parmi les communes les plus concernées par cette situation figurent Martigues (23 millions d'euros) et Aix-en-Provence (24 millions d'euros). À présent, le défi est lancé : les maires devront s'accorder sur la façon de répartir ces 53 millions d'euros d'économies exigées.
En renvoyant la balle aux élus, l'État souligne les tensions internes au sein de la métropole, où des désaccords sur le budget ont déjà conduit à un climat de crise. Rappelons que les élus avaient refusé de voter le projet de budget 2026, invoquant une baisse des financements étatiques comme cause principale de leur détresse financière, sur un budget global de 4,8 milliards d'euros.







