Si le détroit d'Ormuz venait à rouvrir ses portes aujourd'hui, il faudrait des mois pour que le marché pétrolier retrouve son équilibre, selon une récente analyse de la banque JP Morgan Chase. La BBC souligne que, si la réouverture tardait encore plusieurs semaines, un retour à des niveaux de prix habituels pourrait ne pas intervenir avant 2027.

Suite aux propos de Donald Trump sur la réponse iranienne aux initiatives américaines visant à mettre fin au conflit, le prix du baril de brent, référence mondiale, a grimpé de plus de 4% le lundi 11 mai, atteignant ainsi 105,94 dollars. Depuis le début des tensions en Iran, le coût du pétrole brut a enregistré une augmentation d'environ 50% par rapport à la mi-février, avec de fortes oscillations liées à l’évolution du conflit et aux déclarations du président américain, note BBC.

Une note de JP Morgan, relayée par le site d’information du radiodiffuseur britannique, ne laisse pas présager une baisse rapide des prix. Elle avance que les tarifs devraient se maintenir autour de 100 dollars durant la majeure partie de l'année, affichant une moyenne de 97 dollars pour l'ensemble de 2026.

Même si le détroit d'Ormuz venait à rouvrir, les analystes de JP Morgan avisent qu'un retour rapide à des niveaux normaux ne peut être envisagé. Ils précisent que le goulot d'étranglement migrera de l'accès au détroit à des problématiques logistiques plus vastes, telles que la disponibilité des navires pétroliers et une montée en puissance des capacités de raffinage.

Un déficit d’approvisionnement “sans précédent”

C'est également l'avis d'Amin Nasser, PDG du géant pétrolier saoudien Aramco, qui a affirmé le 11 mai que, même avec une réouverture immédiate du détroit, le marché prendrait des mois à se stabiliser. Il ajoute qu'un retard supplémentaire dans cette réouverture pourrait mener à des perturbations sur le marché jusqu'en 2027.

Nasser déclare que le marché subit depuis février un déficit d'approvisionnement “sans précédent”, évalué à environ 1 milliard de barils. En avril, la production quotidienne de pétrole brut des pays de l'OPEP a diminué de 830 000 barils, atteignant 20,04 millions de barils par jour.

Dans ce contexte difficile, Aramco s’affiche comme l’un des principaux bénéficiaires de l’envolée des prix de l'énergie, rapportant une hausse de plus de 25% de son bénéfice au premier trimestre par rapport à 2025. D'autres compagnies, telles que BP et Shell, constatent également des bénéfices records, BP ayant plus que doublé son résultat net.