Alors que l'été approche, 12 nouvelles plages viennent s'ajouter aux 250 devenues "zones protégées", où l'absence de transats, de bars et de musique est de mise. Cette initiative vise à préserver l'esthétique, la géomorphologie et l'écologie des lieux, selon un communiqué conjoint des ministères de l'Économie et de l'Environnement.
L'objectif est de "protéger efficacement les plages présentant une valeur esthétique, géomorphologique ou écologique particulière". La Grèce, étant l'une des destinations les plus prisées au monde, doit gérer l'afflux de 38 millions de touristes en 2025, représentant près de quatre fois sa population de 10 millions d'habitants. Comme rapporté par I Kathimerini, des restrictions sont mises en place, incluant l'interdiction de véhicules et de grands rassemblements.
La majorité des nouvelles plages protégées se situent sur des îles telles que Corfou et la Crète, ainsi que dans le Golfe de Patras. Le gouvernement s’efforce de trouver un équilibre entre le développement économique lié au tourisme et la préservation de l'environnement. Les combats contre la surfréquentation des sites touristiques, comme l’Acropole d’Athènes, se traduisent également par une augmentation des taxes d’hébergement. Par exemple, une taxe de 20 euros a été instaurée pour les passagers des bateaux de croisière accostant sur certaines îles.
Cependant, ces mesures sont souvent perçues comme insuffisantes face à l’ampleur du surtourisme. Des voix locales, comme celle du maire de Milos, qui s'oppose à certains projets d'hôtels de luxe, contagient cette réflexion avec une inquiétude palpable quant à la préservation de l'identité des îles. "Nous ne voulons pas que l'identité de l'île change," confie-t-il à BFM Business.
D'un point de vue économique, le secteur du tourisme représente environ 30% du PIB de la Grèce. Malheureusement, une dépendance excessive à ce secteur peut poser des risques économiques, comme le confirme une étude de la London School of Economics. La croissance rapide de l'emploi dans le secteur, qui a réduit le taux de chômage de 25% à 7,5% depuis 2015, ne compense pas les tensions sociales et environnementales engendrées. Les prix de l’immobilier et du coût de la vie augmentent, alourdissant la pression sur les habitants.
Pour conclure, si la Grèce tente de répondre au défi du surtourisme, elle doit impérativement repenser son modèle économique. Les autorités se trouvent à la croisée des chemins entre la préservation de l'environnement et le besoin urgent d'un développement durable.







