Une nouvelle étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) affirme que l'encadrement des loyers a permis aux locataires parisiens d'économiser environ 968 euros par an, soit 81 euros par mois. Ce dispositif, mis en place depuis 2019, aurait entraîné une diminution de 5% des loyers dans la capitale.
Cependant, cette initiative, saluée par Emmanuel Grégoire, le maire PS de Paris, n'est pas sans arrière-pensées. L'étude publiée lundi révèle que, bien que les Parisiens aient pu bénéficier d'économies, l'impact de cette mesure sur l'offre locative demeure incertain. Selon Apur, «l'absence d'effet durable et significatif de l'encadrement des loyers sur l'offre locative parisienne» a été observée entre 2018 et 2025. Des analystes d'experts, comme ceux de Le Monde, soutiennent que les fluctuations de l'offre locative sont plutôt liées à des événements externes comme la crise sanitaire ou les Jeux olympiques.
Pour mettre en perspective ces données, un rapport annexe souligne que les logements de petite taille profitent davantage de l'encadrement, avec des loyers qui peuvent atteindre 12,4% en dessous de ce qu'ils seraient sans ce dispositif. Cette statistique est corroborée par des données fournies par l'agence immobilière SeLoger.
Emmanuel Grégoire appelle le gouvernement à maintenir l'encadrement des loyers face à l'incertitude législative qui pourrait compromettre sa pérennisation. Actuellement appliqué dans 70 communes, dont Lille, Lyon et Montpellier, cette mesure est censée se terminer en novembre 2026. Les autorités attendent encore des études d'impact pour déterminer l'effet global du dispositif sur le marché locatif.
Dans ce débat, Jacques Baudrier, adjoint chargé du logement à la mairie de Paris, met en lumière une autre réalité. Selon lui, «c'est la hausse très importante du nombre de résidences secondaires et de logements vacants qui est la cause de la baisse de l'offre locative».
Il est également crucial de noter que l'encadrement des loyers est souvent contourné. Environ 50% des annonces de location entre juillet 2024 et juin 2025 offraient des loyers supérieurs aux plafonds établis, entraînant des questions sur le respect des régulations existantes. Ce constat souligne la complexité du marché locatif à Paris, une ville où l'enjeu du logement reste au cœur des préoccupations publiques.







