Une enquête de l'Autorité de la concurrence a révélé une stratégie concertée entre plusieurs grandes surfaces et magasins bio visant à fausser les prix. Cette entente, qui visait à interdire la vente des mêmes marques de produits bio dans les différents circuits de distribution, a conduit à une amende de 13 millions d'euros, dont la plus grande part est attribuée à Synadis Bio, représentant de La Vie Claire, Biocoop, et Naturalia.
Une stratégie d'exclusion
Les détaillants concernés ont adopté une méthode pour éviter la concurrence des prix. « Le but était d'éviter que les consommateurs ne comparent les tarifs entre les magasins spécialisés et les grandes surfaces, ce qui aurait pu faire baisser les prix », a expliqué l'Autorité. En effet, cette entente a été mise en place depuis 2017 et a perduré jusqu'à 2024, avec des règlements internes conçus pour maintenir cette séparation des circuits.
Thibaud Vergé, vice-président de l'Autorité de la concurrence, a souligné que cette stratégie a eu un « impact désastreux pour les consommateurs », entraînant une hausse des prix allant jusqu'à 30 % dans les enseignes spécialisées par rapport aux grandes surfaces. « Les consommateurs ont ainsi payé le prix fort pour une pratique anti-concurrentielle », a-t-il ajouté.
Des conséquences financières lourdes
En plus de Synadis Bio, d'autres acteurs tels que Greenweez, racheté par Carrefour, et ITM Entreprises, ont également été sanctionnés. Greenweez, bien que n'ayant pas été membre actif de l'entente, fait l'objet d'une amende de 1,85 million d'euros en raison de sa participation limitée. Carrefour, pour sa part, a annoncé son intention de contester la décision. Le groupe Carrefour a souligné qu'il n'a jamais adhéré aux pratiques dénoncées par l'Autorité.
Cette affaire est un nouvel épisode dans la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles dans le secteur bio. Suite à cette décision, le syndicat Synadis Bio devra également revoir ses pratiques internes, face à l'impact que cette situation a eu sur ses clients. En tout, l'autorité a mentionné que ces pratiques ont engendré une distorsion sévère du marché, entraînant à la fois des amendes et un besoin urgent de révision des pratiques commerciales.







