Non, la cuisine américaine ne se résume pas au fast-food, surtout pas pour Thanksgiving. Entre le cocktail aux airelles et le sandwich à la dinde, deux spécialistes nous dévoilent les surprises de ce repas emblématique.
Thanksgiving est l'événement culinaire le plus prisé aux États-Unis. Il débute en 1621 avec un repas partagé entre les colons anglais et les Indiens, et se réalise chaque quatrième jeudi de novembre. On y trouve la fameuse dinde, la purée de patates douces et la pumpkin pie. Ce dîner est souvent plus attendu que le réveillon de Noël. Deux experts en cuisine américaine nous éclairent sur cette célébration savoureuse et conviviale.
Préparation minutieuse
Préparer le repas de Thanksgiving à la dernière minute peut s’avérer périlleux. Judith Jailer Bluysen, ancienne propriétaire de l'épicerie Thanksgiving à Paris, débute ses courses deux semaines à l'avance pour obtenir tous les ingrédients nécessaires. En France, il n’est pas simple de dénicher des airelles ou du sirop de maïs. De l'autre côté de l'Atlantique, la dinde est au cœur des préoccupations. Les clients commandent souvent des dindes surgelées chez Butterball, une marque qui propose même une hotline pour le début de la saison des fêtes.
Pour un bon déroulement, Judith recommande de préparer certains plats à l’avance : la sauce aux airelles un mois avant, la farce deux semaines avant, et les tartes quelques jours plus tôt, afin de n'avoir qu'à rôtir la dinde le jour J.
Ingrédients en conserve et alliances inattendues
De nombreux chefs utilisent des conserves pour gagner du temps, en particulier pour la pumpkin pie. Judith indique que la purée de potiron Libby's, à base de chair de potiron, assure une texture idéale. D'autres produits sont disponibles, mais leur qualité peut varier. Par exemple, la gelée d'airelles en conserve manque souvent de goût.
Il est courant que les invités apportent des plats pour alléger la charge de l'hôte. Ce geste sympathique peut avoir des résultats imprévus : la pumpkin pie de la tante de Judith était un exemple de ces surprises culinaires !
Un repas de partage
Un repas de Thanksgiving est synonyme de débordement, avec un mélange de plats froids et chauds. Les Américains préconisent une table bien garnie. Selon Judith, la plus grosse dinde mesurée pesait près de 39 kilos. Aujourd'hui, les dindes pèsent habituellement entre 10 et 12 kilos.
À noter également qu’une certaine tradition présidentielle consiste à gracier deux dindes chaque année. Cette coutume, débutée en 1963 sous Kennedy, a été officialisée par George Bush en 1989. Les dindes ainsi graciées passent le reste de leur vie dans des fermes, bien qu’elles ne vivent pas longtemps après leur couronnement.
Des saveurs diverses et variées
La diversité des origines culturelles des États-Unis se reflète dans les plats de Thanksgiving. Certaines régions préfèrent une dinde rôtie, tandis que d’autres optent pour des recettes plus audacieuses, comme une farce aux huîtres en Louisiane. Les accompagnements varient également : purée de patates douces, haricots verts en sauce ou encore différentes préparations plus saines. Cependant, le sucré-salé, comme la sauce aux airelles, suscite souvent des débats autour de la table.
Un tournant végétal
De plus en plus, les repas de Thanksgiving s'adaptent aux régimes alimentaires divers. Selon Cathleen, une tendance vers des plats végétariens se développe, avec moins de viande et davantage de légumes. À New York, un restaurant propose même un rôti de pastèque, préparé avec soin pour séduire tous les gourmets.
Cocktails et restes savoureux
Si autrefois l'eau et le lait étaient de mise, aujourd'hui les cocktails tels que le sea breeze sont appréciés avant le repas de Thanksgiving. Le lendemain, pour ceux qui ont encore de l'appétit, les restes se transforment en délicieuses soupes ou sandwichs de dinde, parfaits pour accompagner un match de football américain ou pour survivre au Black Friday.
(1) Cathleen Clarity est l'auteure de La Cuisine américaine familiale et authentique, une réédition est disponible chez Hachette Pratique.







