Producteur laitier durant 35 ans, Pierre, un homme de 66 ans, a pris sa retraite à 60 ans grâce au dispositif de carrière longue, ayant commencé à travailler avant ses 20 ans. Bien que ne souhaitant pas sombrer dans le misérabilisme, il souhaite attirer l'attention sur les difficultés financières des agriculteurs. Sa pension s'élève à 1 150 euros par mois, complétée par 7 000 euros annuels provenant de terres qu'il loue. Cette somme l'aide à améliorer sa situation financière ainsi que celle de sa femme, salariée agricole durant de nombreuses années avec lui.
Un système qui peine à reconnaître l'investissement des agriculteurs
Pierre consacre une grande partie de son temps à sensibiliser le public sur la situation des agriculteurs retraités. "Le seuil de pauvreté est d'environ 1 200 euros par mois. Je vois trop d'anciens exploitants qui se situent plutôt autour de 1 000 euros", affirme-t-il. Même si des lois récentes, comme la loi Chassaigne de 2020, visent à revaloriser les retraites des exploitants, ces changements nécessitent une carrière complète pour en bénéficier. Ainsi, les futures pensions devraient atteindre 1 200,60 euros d'ici janvier 2025.
Des défis à surmonter pour garantir un avenir meilleur
La politique de rémunération des agriculteurs a considérablement évolué. Pierre souligne qu'il a dû produire toujours plus pour gagner la même somme. Au début de sa carrière, il pouvait toucher 2 000 euros pour 250 000 litres de lait, mais a dû augmenter sa production à près de 500 000 litres pour le même revenu. Heureusement, les laiteries, inquiètes d'une pénurie, ont récemment remonté le prix du lait, qui est aujourd'hui de l'ordre de 500 euros pour 1 000 litres, offrant un optimisme pour les nouvelles générations. Cependant, Pierre déplore que beaucoup de leurs enfants aient choisi d'autres carrières, regrettant qu'ils n'aient pas eu l'occasion de voir leurs parents profiter d'une vie équilibrée entre travail et loisirs.







