Le rendez-vous est fixé à 10 heures au pied du Sillon de Bretagne, un immense immeuble à Saint-Herblain, où Caroline de Charette, psychiatre, rencontre Robert, un ancien détenu. Ce mardi matin, elle l'accompagne pour des démarches administratives cruciales.
« Sans Caroline, je ne serais pas ici aujourd'hui », confie-t-il. Actuellement sans ressources, Robert bénéficie d'une prise en charge financière par l'équipe mobile transitionnelle (Emot) du CHU de Nantes, qui accompagne depuis octobre 2024 plusieurs personnes sortant de détention et souffrant de troubles psychiatriques ou d'addiction.
Eviter les allers-retours
L'unité a été mise en place par le service médico-psychologique régional du CHU, s'inspirant d'un modèle de Lille, et est maintenant adoptée par plusieurs établissements en France. « Il s'agit d'un suivi essentiel qui évite aux anciens détenus des rechutes, explique Caroline de Charette. En 2023, deux tiers des hommes et trois quarts des femmes sortant de prison souffraient de troubles psychiatriques », comme le souligne une étude de la Direction générale de la santé.
Choc post-carcéral
Robert, qui a passé plus de quinze ans derrière les barreaux, souffre d'anxiété et de troubles du sommeil. « La sortie de prison peut être un choc, souvent idéalisé », explique la psychiatre, ajoutant qu'il est fréquent de voir des détenus sans logement après leur libération. En effet, selon une étude, 20,6 % des détenus ne savent pas où vivre à leur sortie.
Ancien sans-abris, Robert a récemment trouvé un logement où il passe ses journées dans un centre socioculturel, maintenant un lien social vital. « Quand j'ai entendu parler de l'Emot, j'ai hésité, mais finalement, j'ai compris que c'était une chance », dit-il. Bien que le suivi soit limité à six mois, l'équipe est prête à prolonger l'accompagnement si nécessaire.







