Le petit village de Jarnosse, situé dans le Roannais, connaît une effervescence depuis le 28 avril dernier. Le dernier commerce du village, qui avait fermé ses portes en novembre, a été repris par un habitant, Sylvain Piron, désormais à la tête d'un bar-restaurant et d'une épicerie multi-services. Près de Cellieu, Sylvain observe la maturation rapide de ses cerises : "Par plus de 30 degrés, en trois jours ça change. Nous pourrons les ramasser dès la fin de la semaine". Alors que les températures avoisinaient les 15 à 20 degrés la semaine précédente, les Thermomètres de la Loire affichent désormais des pics à plus de 30 degrés.
Cette soudaine montée de la chaleur pousse les agriculteurs à arroser systématiquement leurs cultures. "L'arbre, plutôt que de se développer, se fige et les fruits précoces, comme la variété Burlat, risquent de ramollir sur les branches", confie Sylvain. Les cerises Burlat déjà affectées par les pluies du début du mois, avec 80-90 mm d'eau à Gier, ont entraîné des pertes significatives : "On a perdu 30 à 40 % de certains arbres".
La crainte reste un retour des pluies, car l'humidité et la chaleur pourraient favoriser la prolifération de la mouche drosophile. D’autre part, dans les vignes, le mélange de pluie et de chaleur fait craindre l’apparition de maladies champignonnes telles que le mildiou et l’oïdium. "Une fois que c'est là, il n'y a plus rien à faire", explique Damien Faure, viticulteur à Champdieu. "Nous faisons tout notre possible pour traiter les vignes avec de la bouillie bordelaise, mais si les pluies persistent, il sera impossible d'accéder aux vignes", ajoute-t-il avec préoccupation.
Heureusement, à l’heure actuelle, la pluie n’est pas prévue, permettant ainsi à Damien de travailler avec ses saisonniers sur l'ébourgeonnage des vignes. "Nous ne sommes pas encore au stade de la fleur, mais nous devrions l'atteindre d'ici la fin de la semaine prochaine. Les grappes sont abondantes cette année, nous avons entre deux et trois grappes par rameau, ce qui est un bon signe".
Pour l'avenir, la clé résidera dans la gestion du soleil durant l'été, afin d'éviter de trop fortes températures qui pourraient nuire aux raisins. Les agriculteurs de la Loire restent vigilants et prêts à affronter les défis météorologiques à venir.







