Jean-Michel Aulas, figure emblématique de l'Olympique lyonnais, subit une débâcle que peu auraient pu prévoir. À 77 ans, il réalise que la politique, comme le football, peut être impitoyable.
Perdant les élections municipales de Lyon en mars 2026, son revers face au maire écologiste Grégory Doucet a marqué le commencement de sa descente. Moins de trois mille voix d'écart, alors qu'il était donné favori, témoignent de l'ampleur de sa chute. Désormais, il se retrouve isolé, abandonné par 17 des 27 élus de son groupe politique, "Cœur Lyonnais".
Une plainte pour viol aggravé contre son directeur de communication
Tout a basculé après qu'une plainte pour viol, déposée le 13 mai contre Roman Abreu, directeur de communication de sa campagne, ait été révélée par BFM Lyon. Ce dernier est accusé d'abus par soumission chimique à l'encontre d'une militante de 20 ans, qui a rapporté avoir été droguée et violée dans un hôtel.
La jeune femme a informé Aulas et deux de ses proches des faits le 13 février. "À ce moment-là, notre volonté était de le mettre à la porte", a expliqué Jean-Michel Aulas dans un entretien pour Le Progrès. Cependant, la menace de poursuites judiciaires de la part d'Abreu a poussé Aulas à reconsidérer ses décisions.
"Ils n'ont rien fait pour elle"
Bien qu'Abreu ait été évincé des locaux de campagne, il reste en poste, ce qui a provocé un mécontentement croissant parmi les membres de son groupe. Une élue de "Cœur Lyonnais", s'adressant à Le Monde, a souligné que la gestion de cette affaire par Aulas était déplorable, affirmant: "Ils n'ont rien fait pour elle."
Face à une pression grandissante, notamment de la présidente LR de la métropole Véronique Sarselli, Aulas a d'abord résisté avant de céder et de prendre du recul le 12 juin. Lors d'une réunion tumultueuse de "Cœur Lyonnais", il aurait "terminé en larmes", selon Actu Lyon, face aux critiques. L'ancien président de l'OL voit ainsi son groupe se fragmenter, avec des élus qui forment de nouvelles structures d'opposition à la mairie de Lyon.







