Le conseil régional de Corse a un nouveau visage. Gilles Giovannangeli, ancien président de l'Agence du développement économique de la Corse (ADEC), a été élu lundi à la présidence du conseil exécutif, succédant à Gilles Simeoni qui demeure membre chargé des affaires d'autonomie.
Militant nationaliste et ancien maire de Lecci, Giovannangeli a été condamné dans sa jeunesse, une partie de son passé qui attise désormais la curiosité des médias. À 19 ans, il avait purgé une peine de cinq ans de prison pour avoir participé à un attentat du Front de libération nationale corse (FLNC) contre une banque.
Élu lors d'une session extraordinaire avec 34 voix sur 63, il a battu Jean-Martin Mondoloni, le président du groupe d'opposition, qui n'a obtenu que 15 voix. Cette élection marque un moment décisif, étant la première alternance à la présidence du conseil exécutif depuis 1992. Lors de cette transition, Gilles Simeoni avait promis de se consacrer à l'autonomie insulaire.
Un parcours hors du commun
Gilles Giovannangeli est reconnu pour sa discrétion. Maire de Lecci de 2001 à 2014, il est devenu conseiller territorial en 2021 sur une liste soutenue par Simeoni. Avant d'assumer la présidence de l'ADEC en 2025, il a dirigé un réseau d'aide à l'entrepreneuriat, BGE.
Cette nomination a été saluée par Simeoni, qui a exprimé sa fierté de voir un ancien prisonnier politique accéder à cette responsabilité.
Des ambitions pour l'île
Dans son discours d'acceptation, Giovannangeli a rendu hommage à sa sœur, Marie-France, co-fondatrice du collectif antimafia « A maffia no, a vita ié ». Il a dévoilé ses priorités pour son mandat, parmi lesquelles un projet de rénovation des établissements scolaires, des améliorations des infrastructures routières et la question cruciale du logement.
Il a également rappelé les valeurs fondamentales du nationalisme corse et son engagement pour la reconnaissance du peuple, le renforcement du statut de résident, et les efforts vers une coofficialité de la langue corse. Ces enjeux restent, selon lui, essentiels pour envisager l'avenir et l'autonomie de la Corse.
Cette élection survient dans un contexte où des enquêtes sont en cours concernant d'autres membres du conseil exécutif, soulevant des questions sur l'intégrité de l'administration insulaire.







