Le tremblement de terre dévastateur survenu le 24 juin dans le nord du Venezuela a fait plus de 3.300 morts, d'après le dernier bilan annoncé par les autorités dimanche. Alors que des équipes de secours internationales commencent à quitter le pays, l'espoir de retrouver des survivants est désormais très mince.
Selon un communiqué officiel du gouvernement, le nombre de blessés s'élève à 16.740, mais les Nations unies estiment que jusqu'à 50.000 personnes pourraient être portées disparues. Les responsables gouvernementaux, quant à eux, n'évoquent pas de disparus, bien que l'on anticipe que le nombre absolu pourrait s'approcher des 10.000, une donnée alarmante qui souligne l'ampleur de cette catastrophe. Ce bilan a débuté avec 2.954 morts, un nombre qui a tragiquement augmenté.
Des fossoyeurs s'affairent dans le cimetière de Catia La Mar, où plus de 150 corps non identifiés ont été inhumés. Les journalistes de l'AFP ont constaté qu'un cimetière contenait désormais 159 tombes non identifiées, ainsi que 95 corps identifiés. Des tranchées ont été creusées avec des pelleteuses, permettant d’accueillir d’autres dépouilles, et les tombes sont soigneusement marquées par des pierres blanches.
Chaque tombe est identifiée par un numéro, permettant aux familles de retrouver les corps de leurs proches, comme l’explique Eli Zavala, résident de la région. "C'est un ultime réconfort pour les familles", ajoute-t-il.
Zuly, une mère en pleurs, est à la recherche de son fils de 23 ans, disparu alors qu'il travaillait dans une boulangerie locale. "Je sais qu'il est là", dit-elle avec désespoir, parlant de l'attente interminable pour le dégagement des décombres. Sa quête illustre la douleur de milliers de familles désespérées de retrouver leurs proches. "Nous avons besoin de lui donner le repos éternel", déclare-t-elle avec émotion.
La situation est devenue urgente. Selon le capitaine des Pompiers militaires brésiliens, Diego Asuncao, les corps commencent à se décomposer, émettant des liquides et gaz nuisibles aux vivants. "Nous avons d'abord essayé de sauver des vies; maintenant, notre mission est de récupérer les corps pour que les familles puissent faire leur deuil", explique-t-il à l'AFP.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a suscité des critiques pour la gestion des secours, mais a assuré qu'une "explosion sociale" n’était pas à prévoir. "Ici, ce que nous avons, c'est la solidarité de notre peuple", a-t-elle déclaré lors d'une cérémonie commémorative.
Les citoyens de la région, cependant, expriment leur frustration face à l'inaction des pouvoirs publics. Le tremblement de terre, survenu à 39 secondes d'intervalle, a eu un impact particulièrement durable sur le nord du pays, laissant plus de 17.000 personnes sans abri, qui vivent désormais dans des parcs ou dans la rue.







